L’Orchestre symphonique de Montréal donnait son concert de retour de pause estivale, son premier à Lanaudière en 2026, samedi, sous la direction de Rafael Payare. En niveau d’intensité et d’engagement, il surpassait largement les rendez-vous habituels du genre.Rafael Payare et l’OSM souhaitaient, avant de rentrer dans le vif musical du sujet, rendre hommage aux victimes du récent tremblement de terre au Vénézuéla. Le chef a donc ajouté en début de programme Mediodía en el Llano (Midi dans la plaine) d’Antonio Estévez. L’atmosphère assez étale, qui évoque la chaleur écrasante, convient au recueillement et à la méditation. Le public a très bien compris et a suivi la demande d’une minute de silence (le drapeau vénézuélien étant projeté sur les écrans) après l’exécution de cette partition.MessagesSuivait Egmont de Beethoven, pris à bras-le-corps dans un tempo nerveux et très judicieux. Pour souligner le côté révolutionnaire, on peut avoir encore plus de piccolo (instrument symbolique de couleur française) dans la polyphonie au début de la coda, mais tout cela avait beaucoup d’allure.Que pouvait-on rêver de mieux que d’entendre Dzonot, le concerto pour violoncelle composé par la Mexicaine Gabriela Ortiz pour Alisa Weilerstein, l’épouse de Rafael Payare, le jour même où, dans Le Devoir, nous réfléchissions sur une forme de reprise de pouvoir de la création musicale, son cadre, ses formes et ses limites ?Dzonot a été consacré « œuvre classique de l’année » aux Grammy. Formidable carte de visite, tout comme est une formidable carte de visite (notamment pour les gens qui votent aux Grammy) le fait que ladite partition ait été créée aux côtés de Gustavo Dudamel à Los Angeles.