Rafael Payare, nommé citoyen d’honneur de la ville de Montréal par la mairesse Soraya Martinez Ferrada juste avant le concert, entouré de quelques prestigieux invités, a mené l’OSM et son chœur aux embrasements musicaux les plus exaltants dans un concert sur l’Esplanade du Stade olympique inoubliable, qu’il sera désormais difficile d’égaler.La musique avait rendez-vous avec la mémoire, selon les termes de Mélanie La Couture, cheffe de la direction de l’Orchestre symphonique de Montréal avant le concert. Le traditionnel rendez-vous musical gratuit sur l’Esplanade du Stade olympique était en effet associé à un anniversaire, le 50e du Parc olympique. À travers son programme, le concert devait nous rappeler l’histoire, au fil d’événements musicaux au Stade en 50 ans. À la fin de la soirée, les choses étaient assez claires : le concert lui-même avait fait l’histoire.ÉclectismeFaut-il encore préciser que ce fut le meilleur concert de l’OSM au Stade ? Et cela de très très loin. Il y a des moments comme ça où tous les astres s’alignent, où tout est juste et à propos. Ce fut l’un de ces rares moments.Le ferment de la réussite était la narration… alors qu’il n’y avait même pas de présentateur. La musique en elle-même et l’agencement des pièces dans le programme racontaient tout. Sur le Stade, avec la Marche des athlètes, adaptée de thèmes d’André Mathieu par Vic Vogel, puis un arrangement de thèmes de vedettes mythiques qui s’y sont produites (AC/DC, Pink Floyd, Michael Jackson, George Michael, U2, Madonna, David Bowie, Genesis, les Stones), ou la Marche triomphale rappelant la légendaire représentation d’Aïda.Le menu en disait long sur l’OSM aussi, avec la 2e Suite de Daphnis et Chloé, l’œuvre emblématique, en termes de notoriété internationale, ou le Finale de la 9e Symphonie de Beethoven. Au milieu de tout cela, des projections pertinentes d’images d’archives sur les grands écrans. Et, entre cela, une pertinente narration de Sophie Cadieux sur l’édification et la puissance du lieu, la surprise de Take Me Out to the Ball Game faisant irruption dans Voix du printemps de Strauss et, en cerise sur le gâteau, l’hommage à « Magie Rose » de Diane Dufresne enregistré ici en 1884 devant 55 000 spectateurs. Rose Naggar-Tremblay a chanté Je voulais te dire que je t’attends, avant l’arrivée sur scène de Diane Dufresne, elle-même, aux côtés du chef dans Oxygène.ÉlectricitéTous ces éléments, a priori disparates, coulaient de source, s’imbriquaient en une fête musicale. Mais au-delà de ça, il y avait une fièvre, voire une frénésie, insufflée par Rafael Payare, qui donnait à la soirée une électricité peu commune et largement supérieure à tout ce qu’on a pu connaître (même hors OSM) dans le genre du concert en extérieur gratuit.Dès l’Ouverture festive de Chostakovitch, avec l’idée de détacher à l’avant-scène deux groupes de cuivres dans la partie finale, le ton était donné. Cette œuvre, rabâchée en telles circonstances, était devenue exaltante. Et que dire de la 2e Suite de Daphnis et Chloé, en version avec chœurs, une approche de plus en plus sensuelle de Ravel de la part du chef, mais, surtout, une fin déchaînée, totalement assumée et maîtrisée par l’orchestre. Ce fut immense, comme l’était la Symphonie fantastique à la Philharmonie de Berlin pendant la dernière tournée européenne. Même carrure et grand spectacle pour la Marche triomphale d’Aïda, avec un groupe de cuivres au loin, mais très bien maîtrisé.On pourra ergoter sur des transitions un peu « carrées » entre les chansons dans le Medley pop orchestré par Hugo Bégin ou un Finale de la 9e de Beethoven plus lu qu’approfondi par certains pupitres de l’orchestre. Mais vraiment, dans cette 9e aussi, Rafael Payare, secondé par un chœur solide et d’excellents solistes, a tout emporté dans une bourrasque, achevée par un feu d’artifice sur les dernières mesures.De longues ovations et de nombreux rappels ont salué ce concert stupéfiant où l’OSM a vraiment servi son plus beau nectar pour un spectacle gratuit. Cap désormais sur l’Europe, puisqu’il n’y a pas de Virée symphonique cette année, la Place des Arts étant en travaux.
L’OSM au Stade: 2026, l’inoubliable millésime
C’est une soirée historique, que l’on peut qualifier de «parfaite», que l’OSM a offerte mercredi.
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