La soirée de samedi à l’amphithéâtre Fernand-Lindsay marquait le retour — après une trop longue absence — du chef Stéphane Denève à la tête de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM). Référence incontournable de la musique française, Denève a offert, aux côtés de l’orchestre et du pianiste Jean-Yves Thibaudet, un concert tout simplement idéal. Mieux encore : un concert riche en enseignements.Il n’a pas fallu bien longtemps, samedi, pour comprendre qu’il allait se passer quelque chose. On remerciera d’abord le chef d’avoir rappelé au public québécois l’existence de partitions comme Escales, de Jacques Ibert, véritables piliers du répertoire français. Non pas son cœur névralgique (La mer, Ma mère l’Oye ou Daphnis et Chloé occupent déjà ce terrain), mais assurément son esprit et son âme.VocationFallait-il vraiment attendre tant d’années pour se rappeler qu’il est fondamental d’entretenir la maîtrise de ce répertoire ? Et qu’il ne sert à rien de programmer par pure convenance, pour la 58ᵉ fois (chiffre cité pour la forme), Le tombeau de Couperin, sous prétexte que « cela ne mange pas de pain » et que l’idée est facile ?Évidemment, il ne suffit pas de programmer Escales : encore faut-il savoir le diriger et remobiliser un orchestre qui n’a probablement plus guère idée de « comment ça marche » (l’ère Dutoit commence à dater !). Sur ce plan, on ne peut que saluer l’expérience précieuse du chef invité. Dès le premier mouvement, son respect des nuances, des contrastes et, surtout, cette souplesse intrinsèque au style (« augmentez et animez », « librement », au fil des volets) ont fait mouche.
Denève, Thibaudet et l’OSM à Lanaudière: rare, précieux, idéal
L’Orchestre symphonique de Montréal a offert un concert estival modèle, conjuguant intelligence, rigueur et détente.







