La tournée festivalière de cet été 2026 est la rampe de lancement d’une politique plus dynamique et suivie de l’Orchestre symphonique de Montréal en matière de tournées. La direction de l’OSM compte bien miser sur le charisme de son chef. Le rayonnement à Montréal et à l’étranger devient une priorité prise à bras-le-corps. Entretien, à Varsovie, avec l’équipe à la barre de cette stratégie.

Lorsqu’en avril dernier l’Orchestre symphonique de Montréal annonçait le renouvellement de contrat de Rafael Payare et son engagement envers la métropole jusqu’en 2032, Le Devoir s’était entretenu avec le chef sur ses visées musicales. Le portrait serait incomplet sans une logique commerciale et une stratégie de développement qui passe désormais de toute évidence par une volonté d’expansion internationale.« Pour Rafael, c’était très clair : l’OSM est déjà un des cinq meilleurs orchestres au monde et il veut que le monde le sache. C’est son objectif. Ce que j’ajoute à ça, c’est que je veux que tous les Montréalais, et même les Québécois, aient un contact avec l’OSM, que ce soit parce qu’ils sont fiers de nous avoir vus en tournée, dans un parc, ou parce qu’ils ont côtoyé des musiciens. On essaie d’être présents dans la communauté, pour que tout le monde ressente ce sentiment de fierté », nous dit Mélanie La Couture, cheffe de la direction de l’OSM.« Tous les deux, avec ces visions-là, nous avançons en même temps pour les prochaines années. »PléthoreConcrètement, les douze mois qui viennent seront spectaculaires et assez uniques sur le circuit international. Un voyage en Californie, fin octobre, amènera l’orchestre à San Francisco, à Los Angeles et à San Diego. Et dès la seconde moitié de février, une grande tournée asiatique, non encore annoncée officiellement, amènera l’orchestre à Hong Kong, en Corée, en Chine et au Japon. Et ce n’est pas fini : comme à l’été 2027, la Maison symphonique sera à nouveau en rénovation, une autre tournée festivalière, dont les contours se dessinent, se substituera à la Virée classique.Le rythme paraît effréné, mais il sera canalisé. « Ce qu’on veut, c’est autour de deux tournées, soit trois semaines ou trois semaines et demie en tournée par année », nous dit Mme La Couture.« On peut miser sur une tournée courte ou une tournée plus longue, cela dépend vraiment des années et des opportunités. Deux tournées de trois semaines chacune, c’est un budget lourd dans la même année ; mais l’idée, c’est de faire deux tournées par saison », explique Sébastien Almon, directeur des opérations artistiques et du développement international. « Nous considérons que la tournée en octobre en Californie, d’une petite semaine, et la tournée en février en Asie, de trois semaines, ce sont nos deux tournées de la saison 2026-2027. »Sur le plan financier, le socle est solide. Une fois additionnés les cachets et commandites, « la Fondation entre en jeu ». « Les rendements du fonds de dotation sont investis pour le rayonnement international de l’orchestre. Il faut prouver à la Fondation que ce que nous allons faire aide au rayonnement international de l’orchestre. Les tournées et les enregistrements s’inscrivent dans ce cadre. Nous avons pu accélérer parce que cela faisait partie de la stratégie et, qu’en plus, les moyens financiers étaient là. Pour moi, c’était naturel d’accélérer », nous dit Mme La Couture.Chef de fileLe moteur de l’accélération est évidemment le chef et sa symbiose avec son orchestre et sa ville. « L’association Rafael Payare-OSM a pris son envol très rapidement. C’est une marque qui fonctionne bien. C’est une impression qu’on a eue avec des retours nombreux, notamment par les Européens, qui nous ont rapidement invités, puis réinvités. Et là, nous parlons des grandes salles et des capitales. On le sent d’ailleurs aussi quand on est à Montréal, et les enregistrements parlent par eux-mêmes », raconte Marianne Perron, cheffe de la direction artistique.« C’est exactement ce qui arrive et qui nous rend heureux : Marianne a des portes ouvertes quand elle se promène maintenant dans le monde. On ressent vraiment un accueil et une curiosité pour l’OSM, Rafael, mais aussi du fait qu’on vient de Montréal, du Québec, du Canada. Il y a une grande ouverture et un intérêt général pour ce qu’on amène », ajoute Mélanie La Couture.