On peut oser affirmer que ce spectacle constitue un sommet dans la carrière déjà exceptionnelle de François Pérusse. Des Deux minutes du peuple à La radio du peuple en passant par la dizaine de volumes de L’album du peuple, sans oublier Pérusse Cité, Pérusse Express et Fréquence Pérusse, l’humoriste a construit un univers unique et cohérent, déployé un comique irrésistiblement absurde et immédiatement reconnaissable. Autrement dit, si ce passage à la scène est un pari audacieux et qu’il comporte un risque artistique indéniable, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’appuie aussi sur 35 ans d’expérience.Lors de la première médiatique de Boulevard Pérusse, mercredi soir, les sièges du Théâtre Lionel-Groulx étaient occupés par de nombreux artistes et artisans du milieu de l’humour, certes, mais aussi — et peut-être même surtout — par des gens qui se définiraient sûrement comme des admirateurs inconditionnels. Pendant le spectacle, truffé de références à l’univers de Pérusse, il n’est pas rare d’entendre lesdits admirateurs applaudir chaleureusement l’entrée de personnages emblématiques, prononcer à voix haute des répliques cultes et chanter à pleins poumons des airs pour le moins entêtants.Il ne faudrait pourtant pas croire que l’auteur s’est contenté de transplanter sur scène ses sketchs radiophoniques, loin de là.