La justice internationale n’est pas parfaite, et ceux qui la font exister peuvent à l’occasion la desservir par leur comportement. Ces constats relèvent de l’évidence. Ils ne sauraient pourtant justifier l’offensive en règle lancée par le secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Marco Rubio, contre la Cour pénale internationale (CPI).
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Cette offensive n’est guère surprenante. Depuis les débuts de la CPI, le 1er juillet 2002, Washington a régulièrement fait campagne contre une institution née de la volonté de limiter le principe de la souveraineté des Etats, qui est invariablement invoqué par les auteurs des crimes les plus graves, qu’ils soient des chefs d’Etat ou des responsables politiques, pour échapper à toute forme de poursuite. Cette même année 2002, le Congrès américain avait d’ailleurs symboliquement adopté une loi permettant l’usage de la force pour libérer des citoyens américains qui seraient poursuivis à La Haye, aux Pays-Bas, où siège la Cour.
Le motif mis en avant à Washington, surtout lorsque le Parti républicain occupe la Maison Blanche, est invariablement le même : la CPI porterait atteinte aux intérêts des Etats-Unis. Le secrétaire d’Etat est allé plus loin dans cette dénonciation en évoquant dans la presse une « guerre » conduite contre la première puissance mondiale. C’est pourtant bien l’administration de Donald Trump qui est à l’attaque, à grand renfort de sanctions et de pressions sur des pays signataires du statut de Rome, le traité signé en 1998 à l’origine de cette instance judiciaire internationale, afin qu’ils s’en retirent.














