Les chefs des Premières Nations affirment que le gouvernement fédéral permet l’existence du négationnisme concernant les pensionnats pour Autochtones en refusant d’en faire une infraction pénale.À l’occasion de l’assemblée générale de l’Assemblée des Premières Nations cette semaine à Ottawa, les chefs ont adopté une résolution d’urgence appelant le gouvernement fédéral à criminaliser le négationnisme concernant les pensionnats pour Autochtones en le qualifiant de discours haineux.« La vérité n’est pas facultative et la réconciliation ne peut exister sans la vérité », a déclaré le chef David Monias, de la Première Nation crie de Pimicikamak.« Nous devons rendre hommage aux survivants et à chaque enfant qui n’est jamais rentré chez lui », a-t-il ajouté.

Cette résolution intervient peu après l’adoption d’une nouvelle loi fédérale sur les crimes haineux. Certains sénateurs ont tenté, sans succès, de modifier cette loi afin d’y inclure le négationnisme concernant les pensionnats pour Autochtones.Les chefs ont adopté des résolutions similaires au fil des ans, mais le gouvernement fédéral n’a toujours pas modifié le Code pénal.Plus de 150 000 enfants autochtones ont été contraints de fréquenter ces pensionnats, dont le dernier a fermé ses portes en 1996.On estime à 6000 le nombre d’enfants décédés dans ces établissements, bien que les experts estiment que le chiffre réel pourrait être bien plus élevé.La députée néo-démocrate Leah Gazan a déposé en 2024 un projet de loi d’initiative parlementaire qui aurait fait du déni des pensionnats autochtones une infraction pénale. Ce projet n’a pas encore été soumis au vote.Kimberly Murray, ancienne interlocutrice spéciale du Canada pour les enfants disparus et les tombes et les sépultures anonymes en lien avec les pensionnats, a fait valoir que, malgré la « réalité bien documentée » des décès survenus dans ces établissements, certains se sont efforcés de discréditer les témoignages des survivants, des familles autochtones et des communautés.