Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Élection présidentielle 2027 Élection présidentielle 2027 Élection présidentielle 2027 Tribune Armel Le Divellec Professeur de droit public Les responsables politiques devraient se préoccuper autant des probables élections législatives anticipées que du scrutin présidentiel de 2027 avertit, dans une tribune au « Monde », le directeur adjoint du Centre d’études constitutionnelles et politiques. Publié aujourd’hui à 15h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Une fois encore, il semble que l’on s’ingénie à abuser les citoyens français, ou qu’ils se laissent eux-mêmes abuser. Comme tous les cinq ans depuis 2002 – et tous les sept ans auparavant –, l’énergie politique du pays se concentre sur l’élection présidentielle. Le jeu de l’oie, ou la course de petits chevaux, des prétendants, plus ou moins sérieux, plus ou moins crédibles, a commencé. Ce « trop-plein » de candidats, comme le désignait, avec prémonition, le général de Gaulle, est certainement regrettable tant il reflète moins un sain pluralisme que la confusion qui caractérise la politique française depuis des années. Sans doute se résorbera-t-il au moins un peu à mesure qu’approchera l’échéance. Pourtant, l’essentiel n’est pas là. C’est dans cette focalisation française sur le scrutin présidentiel que résident un problème majeur de notre démocratie et son corollaire : le mythe du personnage providentiel. Personne ne pose la question : à quoi le prochain président de la République servira-t-il vraiment ? Nous aurons, certes, un président ou une présidente, mais pour quoi faire ? Cette question n’est incongrue qu’en apparence. D’une certaine manière, elle a été esquivée depuis le début de la Ve République [en 1958] et n’a toujours pas trouvé de réponse ferme. S’il en est ainsi, c’est parce qu’il existe un décalage structurel entre les ambitions que l’on place dans l’institution présidentielle et le cadre juridique constitutionnel dans lequel celle-ci est installée. Depuis l’époque du général de Gaulle, la plupart des Français ont pris l’habitude d’attendre un président gouvernant, c’est-à-dire apte à mettre en œuvre un programme – ou, du moins, quelques grandes orientations politiques – qu’il a plus ou moins annoncé. Pas un simple chef d’Etat, mais simultanément un chef de gouvernement, dont le premier ministre ne devrait être que le second. Cependant, ils ne s’avisent pas que la Constitution de 1958 ne lui donne aucun moyen direct de l’appliquer. Il vous reste 67.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.