Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Intimités Intimités Intimités Le prénom Le prénom Le prénom Lourd à porter, banal ou original, objet de fierté ou de honte… Nous vivons tous avec un prénom. Oui, mais comment ? Alain, 52 ans, professeur d’histoire-géographie qui habite au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), s’appelle ainsi en hommage à un oncle mort quelques années avant sa naissance. Un symbole qui fut longtemps lourd à porter. Article réservé aux abonnés Alain est né en 1974 à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Il porte le prénom d’un oncle mort dans un accident de voiture à l’âge de 24 ans, cinq ans avant sa naissance. Il n’a jamais eu d’explication sur le sens de cette référence, pourtant explicite, au frère de son père. Il pose un jour la question à ce dernier au détour d’une conversation. « N’y vois rien de mystique », se contente-t-il de lui répondre. « Mon hypothèse, c’est qu’il a choisi de m’appeler Alain pour combler le vide laissé par sa mort, pour qu’il soit toujours vivant, d’une certaine manière », affirme Alain, qui n’en a jamais voulu à son père. Durant sa jeunesse, on ne parle pas de cet oncle défunt, « comme s’il n’avait jamais existé ». Le souvenir de cet homme n’est évoqué qu’au cimetière, une fois par an, sous la forme du recueillement. Au moment de la Toussaint, Alain se rend avec ses parents et son frère sur sa tombe, à Longjumeau (Essonne). Avant de monter dans la voiture, le pèlerinage familial est annoncé par une phrase équivoque. « On va sur la tombe d’Alain », dit le père. Alain nettoie avec soin la sépulture de son oncle, surmontée d’une plaque funéraire « A notre fils Alain ». « Je me suis peut-être abrité derrière le devoir de mémoire, pour éviter de me dire : bon sang, je porte le prénom d’un cadavre. » Il vous reste 67.58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.