Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Intimités Intimités Intimités Le prénom Le prénom Le prénom Lourd à porter, banal ou original, objet de fierté ou de honte… Nous vivons tous avec un prénom. Oui, mais comment ? Kristina, de mère portugaise et de père serbe, est née à Paris en 1975. C’est une camarade de classe qui lui a fait comprendre, avec mépris, que son prénom l’étiquetait comme « venue d’ailleurs ». Article réservé aux abonnés Kristina est née en 1975, à Paris. Sa mère, Diamantina, est originaire du Portugal. Son père, Vlastimir, qui a quitté l’ex-Yougoslavie « pour mieux gagner sa vie », a eu une fille issue d’un premier mariage, Vesna. Née vingt ans plus tôt, cette dernière est restée vivre à Belgrade. Son père décide d’appeler sa deuxième fille par le prénom que Vesna aurait rêvé de porter, car plus rare, plus original. Comme pour rétablir, par la médiation de ce mot, un lien avec sa fille aînée, très affectée par son absence. « Peut-être qu’il se sentait coupable d’avoir laissé ma sœur au pays, seule et triste, et qu’il projetait dans ce prénom une réconciliation non dite avec elle », explique Kristina. Un prénom qui la rapproche, elle aussi, de cette sœur éloignée. Kristina grandit dans le 10e arrondissement de Paris. Dans les années 1980, ce quartier populaire est peuplé d’immigrés travaillant dans la confection de vêtements. Ses parents, qui sont arrivés en France sans parler un mot de français, transfèrent sur leur fille leurs désirs d’émancipation et de réussite. « Comme beaucoup d’enfants d’immigrés, raconte Kristina, j’ai été responsabilisée très tôt par mes parents. Il fallait être bonne à l’école, bien écrire et faire des meilleures études qu’eux, pour que leur travail et leurs sacrifices ne soient pas inutiles. » Il vous reste 72.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.