Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Intimités Intimités Intimités Le prénom Le prénom Le prénom Lourd à porter, banal ou original, objet de fierté ou de honte… Nous vivons tous avec un prénom. Oui, mais comment ? Rebaptisée « Hélène » lors de son adoption, à 16 mois, Smitha Berthelot, 41 ans, formatrice dans le secteur médico-social à Phalempin (Nord), a voulu il y a peu renouer avec ses racines indiennes. Article réservé aux abonnés Smitha Berthelot est née à Bhadravati (Inde) en 1984. Elle ne sait pas pourquoi on lui a donné ce prénom. « Ma mère aurait accouché de triplées et serait morte en me donnant la vie, ainsi que mes deux sœurs. Mais il est possible que cette histoire soit fausse. Dans les années 1980, il y a eu du trafic d’enfants dans le sud de l’Inde. Pour qu’un bébé soit adoptable, certaines personnes ont inventé des histoires ou déformé la réalité. » Seize mois plus tard, elle est adoptée par un couple de Français, installés dans le nord de la France. Ils la renomment Hélène, « dans un souci d’intégration ». Grandir dans une famille française en portant un prénom francophone la coupe de ses racines. « Je me fondais tellement dans le moule que j’avais oublié mes origines indiennes. » Elle n’est pas gênée par ce décalage. « Quand on me regardait, on voyait bien que je n’avais pas une tête à m’appeler Hélène. Mais à l’époque, ce prénom ne me dérangeait pas plus que cela car je me voyais comme blanche. » Verrouillant son passé dans un coin de sa tête – « pas consciemment mais par instinct de survie » –, il lui arrive de dire « nous, les Blancs ». Il vous reste 73.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.