Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Intimités Intimités Intimités Le prénom Le prénom Le prénom Lourd à porter, banal ou original, objet de fierté ou de honte… Nous vivons tous avec un prénom. Oui, mais comment ? Celui de Victoria, 49 ans, qui travaille à l’ONU, à Genève, véhicule les valeurs de ses parents, militants de gauche dans l’Argentine dictatoriale des années 1970. Article réservé aux abonnés Victoria est née à Buenos Aires le 25 décembre 1976. Neuf mois, jour pour jour, après le coup d’Etat qui, le 24 mars 1976, a fait basculer l’Argentine dans une dictature militaire – qui tombera en 1983. Pour comprendre la signification de son prénom, il faut se plonger dans le contexte de ces années sombres, où 30 000 personnes sont mortes ou ont disparu, selon les organisations de droits humains. Deux ans avant le coup d’Etat, ses parents, âgés d’une vingtaine d’années, se rencontrent dans un centre social de la périphérie de Buenos Aires. Son père, Guillermo, milite activement au sein de la Jeunesse péroniste, une organisation de l’aile gauche du péronisme (du nom du général Peron qui a présidé le pays de 1946 à 1955 et fondé le justicialisme, sorte de populisme à tendance autoritaire). Sa mère est engagée dans le social. Elle apprend à lire et à écrire à des personnes habitant dans des bidonvilles. Le militantisme de gauche infuse des deux côtés de sa famille. « Je n’ai pas beaucoup de détails sur les actions qu’ils ont menées. Je sais par exemple que ma tante est entrée dans un stade déguisée en femme enceinte pour cacher une énorme banderole péroniste, qui a été déployée pendant un match de foot. » Il vous reste 76.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.