Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Venezuela Venezuela Venezuela Tribune Thomas Posado spécialiste de l’Amérique latine contemporaine Menaçant d’effondrement la société et l’Etat vénézuéliens, le double séisme qui a frappé le pays le 24 juin met à mal la stratégie de prédation économique des ressources menée par l’administration Trump, analyse le chercheur Thomas Posado dans une tribune au « Monde ». Publié hier à 19h30, modifié hier à 23h16 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Depuis le début de son second mandat, Donald Trump manifeste explicitement sa volonté de restaurer la tutelle des Etats-Unis sur l’Amérique latine. L’enlèvement de Nicolas Maduro, le 3 janvier, constituait pour la Maison Blanche une réussite militaire et politique rare. Avec un investissement militaire direct réduit à quelques heures, permettant d’avoir accès à de vastes ressources stratégiques, le président étatsunien semblait sur le point de convaincre que les interventions extérieures pouvaient être rentables après les fiascos cuisants en Afghanistan et en Irak. Plusieurs mois plus tard, après l’échec de l’opération « Fureur épique » en Iran et un blocus pétrolier à Cuba dont le principal effet est d’aggraver la situation humanitaire sur l’île, le succès au Venezuela faisait figure d’exception appréciable pour Donald Trump, dont la popularité est en berne à seulement quatre mois des midterms, les élections américaines de mi-mandat. En effet, depuis l’enlèvement de Nicolas Maduro, l’administration étatsunienne a imposé au nouveau gouvernement vénézuélien une relation de subordination transformant le pays en protectorat, notamment via de nouvelles législations sur les hydrocarbures, sur les ressources minières et sur l’électricité, plus favorables aux entreprises car réduisant les royalties dues à l’Etat vénézuélien. Les recettes de la vente de pétrole, premier produit d’exportation du Venezuela, sont désormais déposées dans des foreign government deposit funds (« fonds de dépôt issus de gouvernements étrangers »), dépendant directement du département du Trésor des Etats-Unis – près de 7,9 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros) entre janvier et avril 2026, selon le think tank Council on Foreign Relations –, avant d’être envoyées, sous conditions, à Caracas. Dans une allocution attendue après le double tremblement de terre qui a endeuillé le Venezuela, le 24 juin, Donald Trump a déclaré : « On les a frappés de plein fouet – une guerre d’une journée –, et maintenant on a extrait des millions de barils de pétrole et largement rentabilisé le coût de la guerre. » Il vous reste 70.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Venezuela : « Les Etats-Unis vont devoir investir massivement dans le pays, ou prendre le risque de voir leur “protectorat” tomber dans le chaos »
TRIBUNE. Menaçant d’effondrement la société et l’Etat vénézuéliens, le double séisme qui a frappé le pays le 24 juin met à mal la stratégie de prédation économique des ressources menée par l’administration Trump, analyse le chercheur Thomas Posado dans une tribune au « Monde ».










