Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Venezuela Venezuela Venezuela Alors que Donald Trump affiche sa volonté de mettre sous tutelle l’exploitation du pétrole vénézuélien, les experts fustigent l’« opacité totale » de la gestion des revenus de cette activité. Les organisations citoyennes dénoncent l’absence de retombées économiques dans les régions productrices d’hydrocarbures, polluées et « abandonnées » par Caracas. Article réservé aux abonnés « Ça ne mord pas beaucoup en ce moment : il y a trop de pollution », maugrée José Alirio Briceño, 72 ans. Comme presque chaque week-end, cet enseignant à la retraite, assis au bout d’une jetée désaffectée de Cabimas – localité pétrolière du nord-ouest du Venezuela –, pêche des poissons et des crabes dans le lac de Maracaibo pour améliorer l’ordinaire. Dans son seau en plastique, le butin de cette chaude matinée de juillet est maigre : trois perches d’eau douce aux écailles brunâtres et deux palometas, des carangues aux reflets argentés. Le panorama, il est vrai, n’a rien d’idyllique. Çà et là, sur cette vaste lagune saumâtre, grande comme 23 fois le lac Léman, d’imposantes structures métalliques à l’aspect souvent vétuste surgissent des flots teintés d’un vert irréel, presque fluorescent, par le verdin, une prolifération de cyanobactéries causée par les rejets d’eaux usées. Tout aussi inquiétant : les berges et les rochers à fleur d’eau, aux abords desquels émergent de grosses pièces de machines abandonnées, sont enduits d’une épaisse couche de matière noire et visqueuse, mélangée à des débris de végétation et à des déchets en plastique. Autant de stigmates de l’extraction d’hydrocarbures dans le lac de Maracaibo, entamée il y a un siècle, après la découverte du pétrole en 1914, à Mene Grande, non loin de Cabimas. « C’est difficile de nettoyer tout ça, car il y a constamment des déversements de pétrole : on nettoie aujourd’hui, et demain, c’est pollué à nouveau », se désole José Alirio Briceño. Il vous reste 89.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.