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DécryptageAlors que les « barrios » de Caracas menacent de s’effondrer après les séismes du 24 juin, la population tente de s’organiser face à l’urgence humanitaire et à l’inflation galopante. Le ressentiment grandit contre la mainmise opaque des Etats-Unis sur le pays et son pétrole.

Les quartiers populaires de Caracas ne se sont pas écroulés à la suite des deux séismes survenus le 24 juin. Mais cette bonne nouvelle est trompeuse : si ces maisons de briques et de ciment, construites les unes sur les autres, sont toujours là, la plupart sont endommagées. Dans le quartier de La Bombilla, les inspecteurs de la protection civile sont passés dès le 25 juin pour vérifier leur état. Leur conclusion a été sans appel : il faut évacuer les habitations, qui pourraient s’effondrer en cas de réplique. « Ma maison a subi des dégâts mineurs, mais les structures de celle juste au-dessous et de celle d’à côté ont été brisées. Au-dessus de nous, il y a encore deux maisons et on était tous menacés », raconte Doris Azuaje, désormais hébergée avec sa fille et son époux chez sa cousine, Johana Velasquez, de l’autre côté de la colline.

Doris Azuaje s’en sort mieux que les autres, mais elle est inquiète pour les voisins : « Combien cela va coûter de réparer toutes les maisons ? Notre voisine au-dessous vit seule, son salaire ne va pas lui permettre de payer ces travaux », ajoute cette mère de famille, qui vend des vêtements de manière informelle. Elle sait que sa famille va devoir se serrer la ceinture : « On nous a proposé une place en refuge, mais je préfère louer, même si cela va amputer mon salaire. » Le loyer d’une maison dans son quartier est de 300 dollars (262 euros) ; avec son mari, ils gagnent près de 1 000 dollars ; les revenus de sa voisine ne dépassent pas 400 dollars.