Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Disparitions Disparitions Disparitions Cinéma Cinéma Cinéma L’œuvre qu’il avait bâtie avec sa compagne, Angela Ricci Lucchi, morte en 2018, s’intéressait particulièrement aux fracas du XXe siècle. Il s’est éteint le 3 juillet, à 84 ans. Article réservé aux abonnés Cinéaste italien d’origine arménienne, grand maître de ce que les Britanniques nomment le « found footage » (montage d’archives), Yervant Gianikian est mort le 3 juillet à Milan, à 84 ans. Né en 1942 à Merano d’un père chimiste survivant du génocide arménien et d’une mère autrichienne, l’enfant se distinguait par sa passion du catalogage et de l’inventaire. L’étude et la requalification des images, comme autant de témoignages du fracas de l’histoire et des mondes disparus, allaient devenir sa grande question. Absent de la vie commerciale du cinéma, peu ou pas connu du grand public, il formait avec Angela Ricci Lucchi, sa compagne, morte en 2018, un duo tenu en haute considération dans les cercles cinéphiliques, à l’instar du couple formé, en France, par Jean-Marie Straub (1933-2022) et Danièle Huillet (1936-2006). Les deux tandems partageaient une passion pour l’histoire, avec ce qu’elle produit d’effroyable violence. Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi – couple délicat qu’on croisait dans les festivals, affichant une élégance folle et une affabilité sans faille – commencèrent dans les années 1970 à travailler ensemble à des installations à base de jouets et de cartes postales. L’idée de les filmer leur vint assez rapidement. Ce fut leur heure synesthésique, avec diffusion concomitante de parfum. Leur Cesare Lombroso (sorti en Italie en 1976), sur le criminologue qui pensait les femmes criminelles privées d’odorat, eut ainsi droit à de l’œillet. Il vous reste 67.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.