Toute jeune mère vous le dira : un premier bébé vient avec son lot de magie… et de difficultés, tant il expose les plus grandes failles et met au défi les plus grandes vulnérabilités. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’on vit avec un handicap qui isole du monde et des codes auxquels devra adhérer l’enfant à naître.C’est le cas d’Angela (Miriam Garlo), une céramiste professionnelle atteinte de surdité. Avec Hector, un agriculteur entendant, elle s’est construit une bulle dans laquelle le couple, en parfaite adéquation, communique en langue des signes, s’entoure d’animaux, de lumière et d’amis qui partagent sa réalité.Or, la grossesse d’Angela creuse de premières fissures au sein de la relation. Autour d’elle, ses proches doutent de sa capacité à prendre soin de l’enfant à naître. Lors des rendez-vous médicaux, les soignants s’adressent d’emblée à Hector, privant Angela de sa voix et de son agentivité.Enchaînant les ellipses avec fluidité, le film donne à voir un accouchement difficile, lors duquel la panique de l’équipe médicale est réverbérée dans l’incompréhension totale de la patiente, exempte de moyens de communication. Les premiers mois de la petite Ona, déjà difficiles pour la maman, sont plombés par l’annonce qu’elle entend parfaitement, un diagnostic heureux, mais qui dresse une frontière invisible entre elle et Angela.