Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement L'époque L'époque L'époque Cinéma Cinéma Cinéma Chronique Magali Cartigny « Ecran total ». Malgré un succès fou, la comédie romantique a longtemps été méprisée, notamment en raison de son public. Un documentaire Arte et un livre, sortis récemment, permettent de le voir avec un autre prisme : le féminisme et la lutte pour l’avortement. Publié aujourd’hui à 19h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés « C’est pas un crime de porter une pastèque… », se défend « Bébé », cucurbitacée sous le bras (sûrement remplie de vodka), quand Johnny, professeur de danse et gigolo à ses heures, lui demande ce qu’elle fait là. Cette jeune cliente d’une pension de vacances huppée s’est incrustée à la fête clandestine des employés. Elle fait tache dans le décor. On est aux Etats-Unis, en 1963, en pleine guerre du Vietnam et au début du mouvement pour les droits civiques. Pour cette fille à papa issue de la bourgeoisie juive new-yorkaise, se retrouver au milieu de ces corps lascifs qui se déhanchent sur Do You Love Me (The Contours) est une aventure en soi. Un choc en tout cas. « Où ont-ils appris à faire ça ? » Le dirty dancing, danse de rue mêlant mambo et salsa, a donné son nom au film de 1987, réalisé par Emile Ardolino. Cette comédie culte (disponible sur TF1 et Netflix), restée dix-neuf semaines à l’affiche et cumulant plus de 210 millions de dollars de recettes, a pourtant failli ne jamais voir le jour, comme le raconte le documentaire qui lui est consacré, disponible sur Arte.tv, « Dirty Dancing », comédie romantique engagée. La scénariste Eleanor Bergstein, qui s’est inspirée de sa jeunesse, et la productrice Linda Gottlieb ont essuyé une quarantaine de refus des différents studios. C’est une société de production de VHS, située dans le Connecticut, qui acceptera de financer le film à condition qu’il ne dépasse pas les 5 millions de dollars, soit quatre fois moins que le budget moyen. Une fois le tournage terminé, un producteur dira : « Brûlez la pellicule et appelez les assurances. » Le nez fin. Il vous reste 76.58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.