Fallait-il laisser l’arme à Ankara ? L’emporter avec soi ? Ou l’offrir à un musée ? Les dirigeants des pays de l’OTAN se sont retrouvés dans l’embarras après le cadeau remis par le président turc à l’issue de leur sommet annuel : un revolver, avec six munitions.Plusieurs leaders ont déclaré avoir découvert sur le tard le contenu du paquet-cadeau, ou ne même pas l’avoir vu avant qu’il soit saisi par leurs services de sécurité. La surprise a en tout cas été quasi générale.« Mon cadeau du type sirop d’érable était un peu en décalage », a ironisé jeudi le Premier ministre canadien Mark Carney devant des journalistes en Arabie saoudite.La veille au soir, son homologue britannique Keir Starmer avait été le premier à évoquer ce cadeau pour le moins insolite, offert par Recep Tayyip Erdogan à ses convives.Dans son avion de retour d’Ankara, où les chefs d’État et de gouvernement de l’Alliance atlantique s’étaient réunis durant deux jours, M. Starmer a expliqué que le président turc avait offert à chaque leader un revolver gravé à son nom.Également présentes dans cette boîte rouge, tapissée de noir : six balles réelles, et une note dispensant les armes des contrôles à l’exportation.
Un présent qui a donné lieu à des scènes « lunaires » au sein des différentes délégations.Ainsi, ce n’est qu’à leur arrivée en Belgique que les équipes du Premier ministre belge Bart De Wever ont « pris connaissance de la nature exacte du cadeau ».« Le Premier ministre a été surpris et l’a immédiatement remis à la police aéroportuaire, afin qu’il soit placé dans un coffre sécurisé et que la suite soit gérée dans le respect des procédures applicables », a expliqué son entourage à l’AFP.L’arme neutraliséeLes équipes de sécurité du premier ministre belge se sont aussi vu remettre les armes offertes à Ursula von der Leyen et Antonio Costa, chefs des institutions européennes situées à Bruxelles — avec tout le casse-tête en matière de sécurité et de protocole qu’une telle opération peut représenter.La présidente de la Commission européenne, tout aussi étonnée par le cadeau que les autres dirigeants, « a remercié le président Erdogan pour ce geste », d’après un de ses porte-parole. La dirigeante prévoit de faire don de l’arme « à un musée militaire », une fois qu’elle sera mise hors service, a-t-il précisé.Le Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden va conserver le revolver au ministère d’État comme tous les autres « cadeaux diplomatiques ». Mais il a d’abord fait en sorte qu’il soit neutralisé et rendu « irréversiblement inutilisable », selon ses services.Ce revolver de type Magnum 357 est aussi arrivé à bon port à la présidence polonaise, mais avec les précautions d’usage et un antécédent spectaculaire dans tous les esprits à Varsovie.En décembre 2022, le chef de la police polonaise avait ramené d’Ukraine un lance-grenade anti-char qu’il venait de recevoir en cadeau. L’engin a explosé dans son bureau, le blessant légèrement et provoquant d’importants dégâts au siège du QG de la police.Cette fois, « il est certain que personne ne va tirer avec », a affirmé à une radio locale un collaborateur du président Nawrocki.










