Au lendemain de l’annonce du partenariat entre Ottawa et TKMS concernant la nouvelle flotte de sous-marins canadiens de patrouille, le p.-d.g. de Marmen, Vincent Trudel, ne boudait pas son plaisir. Et pour cause : son entreprise, spécialisée dans le soudage et l’usinage de pièces de précision, va se voir confier la fabrication de certaines parties complexes des futurs sous-marins de type 212CD.Ce partenariat pourrait donner un coup d’accélérateur à l’entreprise trifluvienne de 1200 employés, qui est déjà présente dans le secteur puisqu’elle fabrique des pièces de haute précision pour des sous-marins américains.« Cette production-là ne peut pas être mélangée avec les autres pour des raisons de sécurité. C’est sûr qu’on va avoir besoin de nouveaux ateliers, de nouveaux investissements, de nouveaux employés », se réjouit M. Trudel, qui prévoit l’embauche de plusieurs centaines de personnes. « Cette opportunité-là s’inscrit dans notre histoire de croissance, mais là, on est à un autre niveau, car on travaille vraiment sur le long terme. On n’a jamais signé un contrat générationnel comme ça. Mais tout reste encore à faire. »En effet, seule une entente de partenariat passée en décembre dernier lie Marmen au constructeur allemand. Rien n’a encore été défini concernant ce que l’entreprise pourrait fournir concrètement à son partenaire allemand. Aucun prix, aucun calendrier n’ont encore été fixés. « On est dans un processus d’acquisition accéléré. Pour l’instant, on n’a pas vu un seul plan », précise au Devoir M. Trudel.C’est désormais à Ottawa de déterminer le niveau de participation de Marmen au Programme de sous-marins canadiens de patrouille (PSCP). Il devrait se préciser au cours de la phase de négociation qui s’ouvre désormais. Car si TKMS a été retenu comme fournisseur privilégié pour les futurs sous-marins canadiens, les négociations menant à la signature définitive du contrat doivent encore s’engager avec le constructeur allemand. Cette étape pourrait s’échelonner sur une période de 6 à 18 mois.Ottawa table sur 110 000 emploisEn entrevue avec Le Devoir, la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, rappelle avec satisfaction que « 100 % de la valeur du contrat qui va être négocié va devoir être réinvesti en bénéfices industriels ».Selon elle, le partenariat entre TKMS et le Canada devrait permettre la création de plus de 110 000 emplois. Et de plus de 250 000 emplois indirects — dans le domaine de l’énergie ou des minéraux critiques, par exemple.Pour Mathieu Lavigne, vice-président aux affaires publiques et économiques à la Fédération des chambres de commerce du Québec, le partenariat entre Ottawa et TKMS pourrait changer beaucoup de choses pour l’économie du Québec.