Incontournable de l’été montréalais, le Festival international Nuits d’Afrique (FINA) célébrera sa 40e édition, du 7 au 19 juillet, avec une programmation rassemblant les vieux amis et les jeunes talents de la scène musicale métissée de la métropole. Le vénérable fondateur, Lamine Touré, et sa complice des débuts, Suzanne Rousseau, directrice générale, veillent à la destinée du festival depuis ses débuts, en juillet 1987 ; tous deux témoignent au Devoir de la genèse de la plus belle célébration des musiques d’Afrique au pays.Célébration que même Peter Gabriel a soulignée tout récemment dans un message vidéo diffusé sur les réseaux sociaux du FINA. « Bravo pour le quarantième anniversaire, c’est véritablement un grand succès, et en même temps très important », dit Gabriel en français, qui poursuit en louant la démarche des artisans du festival, instigateur de « connexions musicales » et de rencontres culturelles qui se dressent devant les « forces du monde qui avancent vers l’autoritarisme et contre la démocratie ».

Ce qui est vrai aujourd’hui l’était aussi il y a quatre décennies. S’ouvrir au monde, inviter les Montréalais à partir à sa rencontre. « Chaque année, lorsqu’on monte la programmation du festival, Touré nous demande : “Avez-vous voyagé ?” », confie Suzanne Rousseau.Le FINA est né d’une idée si simple et si importante qui dit tout du fondateur Touré. Arrivé à Montréal de Guinée en 1974, il ouvrira deux ans plus tard, rue Jeanne-Mance, près de Sainte-Catherine, le Café créole, point de chute des nouveaux arrivants et premier repaire des mélomanes amoureux des rythmes d’Afrique et de sa diaspora. Il cessa ses activités en 1981.Les années suivantes, les amis de Touré le priaient d’ouvrir une nouvelle boîte, ce qu’il fit à l’été 1985, sur le boulevard Saint-Laurent : le Balattou, comme dans « bal à tous, pour tous les rythmes, toutes les cultures », précise Suzanne Rousseau, qui était de l’ouverture du bar. « Dès le début, on y présentait des concerts ; même les DJ, formés par Touré, devaient nous faire voyager — en Afrique, en Amérique latine et dans les Antilles. Tout le monde était invité. »