La prochaine mouture de l’OFFTA, qui démarre le 29 mai, sera aussi la 20e édition de ce festival, greffon du Festival TransAmériques, et né du pur désir de faire voir les artistes émergents. Pour cet anniversaire, la directrice artistique, Claudel Doucet, a voulu « juste voir ce qui se passe maintenant, sans tomber dans la nostalgie ». Car à l’OFFTA, précise-t-elle, dans chaque édition, « l’actualité des propositions est vraiment ce qu’on célèbre ».Bien sûr, il y a dans la programmation des clins d’œil aux artistes et aux temps passés. Et il y aura une fête, ouverte aux « utopies et à la nostalgie, autour d’un pizza party, avec des performances d’artistes qui ont été des programmations des 20 dernières années », explique Mme Doucet.En 2007, l’OFFTA est né pour redonner une place aux artistes émergents et de la relève. Car venaient de disparaître deux tribunes importantes : le Festival international de nouvelle danse (FIND) et le volet Nouvelle Scène du Festival de théâtre des Amériques.Après deux décennies, certains des artistes passés par l’OFFTA « sont maintenant vus comme des canons indéniables de la scène artistique québécoise, alors qu’il y a 10 ou 15 ans, ils étaient hypermarginaux et hors normes », sourit la directrice artistique.Comme Catherine Gaudet, Frédérick Gravel, Étienne Lepage, Alix Dufresne, énumère Mme Doucet. Et comme la pièce J’aime Hydro, qui aura voyagé de l’OFFTA au théâtre Duceppe.« C’est heureux de voir les cheminements. C’est un tremblement, toujours, entre la marge et le centre ; il y a toujours là un dialogue qui s’érige », réfléchit Mme Doucet.En perpétuelle transformationClaudel Doucet en sera à son cinquième OFFTA, depuis son arrivée comme directrice artistique. Qu’est-ce qui a le plus évolué au fil du temps ?Plusieurs choses, car l’OFFTA est agile, nerveux — signes de la vivacité, de la nature toujours en transformation du festival, selon elle.« On a eu, à un certain moment, davantage de programmes doubles. On a tenté des présentations d’étapes de travail. On a eu à un moment une programmation plus large », comptant plus de projets, rappelle la directrice artistique.Et il y a deux ans, l’OFFTA a modifié son programme d’accompagnement. « Maintenant, les projets qu’on présente sont sélectionnés beaucoup plus tôt, et bénéficient d’un an d’accompagnement avec LA SERRE – arts vivants. »Ces projets peuvent être travaillés plus profondément. « Ils sont moins nombreux, mais on les connaît vraiment plus intimement », estime-t-elle.Si, à une certaine époque, « il y a peut-être eu un esprit OFFTA qui était plutôt en réponse à la programmation du FTA, maintenant, on est dans un écosystème complémentaire, pas du tout dans une idée d’opposition ».Il y a deux ans, l’OFFTA avait crié à l’aide. Les finances ne suivaient pas, le festival craignait pour sa survie. La situation est maintenant stable, assure celle qui est aussi codirectrice générale. Grâce à une légère hausse du financement au fonctionnement et à un grand remaniement.« On reste une organisation qui est fragile, mais agile. Il y a définitivement moins de projets programmés. On a recentré différentes activités. » Des changements qui ont influé sur l’envergure de la programmation, mais pas sa qualité, croit-elle.Pour marquer sa 20e édition, l’OFFTA a changé son entité visuelle. Et a invité L’opéra d’or, créé en 2017 par le duo Geneviève et Matthieu, qui revient en version remixée signée cette fois par Geneviève Matthieu.« Elle est une figure marquante qui a influencé toute une génération d’artistes en performance. La réinviter, dans une performance transformée, est une façon de regarder vers l’avant », tout en regardant le passé, croit Claudel Doucet.