Quand l'Allemagne décide de relancer son économie, elle ne le fait pas à moitié

"Tout vient à point à qui sait attendre." Ce vieux dicton pourrait être le mantra du gouvernement de Friedrich Merz. Au pouvoir depuis mai 2025, le chancelier conservateur est passé à l'offensive après une année d'hésitation. Refonte du système de santé, baisse massive de la fiscalité et allongement du temps de travail : Berlin engage un traitement de choc afin de relancer une machine économique grippée tout en redressant des comptes publics dans le rouge.

Il faut dire que l’Allemagne n'avait plus le choix. Entre la concurrence chinoise qui asphyxie ses exportations et un vieillissement démographique qui pèse sur sa productivité, la première puissance d’Europe s'était enlisée dans la récession.

Mais outre-Rhin, on sait regarder la réalité en face quand l'urgence l'impose. C’est la grande force de nos voisins. Au début des années 2000, Gerhard Schröder (SPD) avait imposé les très douloureuses réformes du marché du travail (les lois Hartz), au prix de son avenir politique. Vingt ans plus tard, le parallèle est évident. Bien qu'impopulaire et talonné par l’AfD, Friedrich Merz choisit lui aussi la voie des réformes impopulaires mais jugées vitales. Il fait ce que les Français n'ont jamais fait en 50 ans et que nous ne ferons sans doute jamais si on ne nous y oblige pas.