Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement L'époque L'époque L'époque Stages Stages Stages Chronique Nicolas Santolaria « Work in progress ». Dans un marché de l’emploi difficile d’accès pour les jeunes, le stage est parfois devenu l’ultime moyen pour mettre un pied dans la porte, un substitut au CDD qui suscite vidéos et commentaires en rafale sur les réseaux sociaux. Publié le 03 juillet 2026 à 06h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Avant de devenir le mois de la canicule précoce, juin était surtout celui des stagiaires, peuplant de hordes juvéniles les open spaces et sursollicitant la friteuse de la cantine. Depuis 2005, les collégiens de 3e doivent effectuer un stage de cinq jours en entreprise et les lycéens de 2de technologique et générale sont invités à faire de même depuis 2024, pour une durée de deux semaines cette fois. Ajoutez à cela les stages des étudiants, et vous comprendrez que le stagiaire, jadis présence marginale, est devenu une figure récurrente de la vie professionnelle. Salut à toi, « Rémy avec un Y », qui vient de quitter notre service après cinq semaines d’immersion ! Dans un marché de l’emploi difficile d’accès pour les jeunes, le stage est parfois devenu l’ultime moyen pour mettre un pied dans la porte, substitut (gratuit ou chichement défrayé) au CDD que l’on ne parvient pas à décrocher. Auteur de l’ouvrage Le Stage. Formation ou exploitation ? (Presses universitaires de Rennes, 2013), le sociologue Dominique Glaymann déplore en la matière une « inflation du stage », lequel balance, selon lui, entre l’expérience inutile et l’exploitation sauvage. Cette stagiairisation de la vie professionnelle n’est pas sans risque : en 2025, cinq adolescents mouraient au travail, dont un victime d’une chute de palettes dans la Manche et un autre tué par une machine agricole en Maine-et-Loire. Entre omniprésence et drames marquants, le stagiaire a logiquement fini par accéder au rang d’archétype des réseaux sociaux. « Staaaaaage… Staaaage… Ouais, tu prends des stagiaires ? ! », hurle au téléphone un jeune à doudoune Nike en mode barbare, alors qu’une interlocutrice à l’autre bout du fil semble totalement interloquée (« C’est une blague ? »). En commentaire de cette séquence, qui raconte en creux la difficulté de décrocher le précieux sésame, on peut lire : « POV [pour point of view, “point de vue”] : ton pote te montre comment décrocher un stage. » Il vous reste 48.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Le stagiaire, nouvel archétype de la vie professionnelle
CHRONIQUE. « Work in progress ». Dans un marché de l’emploi difficile d’accès pour les jeunes, le stage est parfois devenu l’ultime moyen pour mettre un pied dans la porte, un substitut au CDD qui suscite vidéos et commentaires en rafale sur les réseaux sociaux.







