L’association QuotaClimat saisit le Conseil d’État afin d’enjoindre à l’Arcom de mettre en demeure la chaîne pour un épisode de désinformation climatique datant de 2025. Et juste après deux canicules, elle continue d’ouvrir son micro à son chroniqueur… Le 22 novembre 2025, dans l’émission « Face à Michel Onfray ». Sur les 665 cas de mésinformation climatique recensés par l’Observatoire des médias sur l’écologie en 2025, 174 concernaient CNews. Capture d'écran CNews via Quotaclimat Par Cécile Marchand Ménard Publié le 02 juillet 2026 à 16h05 «L’astrophysique nous enseigne qu’il y a un réchauffement climatique qui est dû à ce qu’on appelle les plurivers, les multivers, les interactions entre les univers. » Le 22 novembre 2025 sur le plateau de CNews, Michel Onfray se veut rassurant. Si le climat se réchauffe, c’est une affaire de cycles civilisationnels… « Mais pour cela il faut faire un peu d’astrophysique », affirme le philosophe-chroniqueur à une Laurence Ferrari attentive. « Petite pause Michel Onfray, c’était passionnant de vous écouter… » Face à ce bel exemple de désinformation climatique (n’en déplaise à Michel Onfray, les scientifiques s’accordent plutôt sur l’origine anthropique du changement climatique), l’association QuotaClimat a déposé mercredi 1er juillet un recours auprès du Conseil d’État afin d’enjoindre à l’Arcom de mettre en demeure la chaîne — qui n’a pas donné suite à nos sollicitations. Dès le 26 novembre 2025, l’association avait saisi le gendarme de l’audiovisuel pour « une atteinte à l’exigence d’honnêteté de l’information de la part de CNews et une perte de la maîtrise d’antenne ». En l’absence de réponse de l’autorité, elle avait déposé un recours en mars, rejeté ce 1er juillet. De son côté, l’Arcom explique avoir adressé un courrier à l’association afin de motiver sa décision. Pour elle, pas de manquement à l’honnêteté et à la rigueur de l’information, compte tenu de la brièveté et de la confusion des propos du chroniqueur (prononcés au cours d’un débat sur la radicalisation des jeunes musulmans…). La chaîne déjà condamnée « L’intervention de l’Arcom est d’autant plus nécessaire que ces manquements ne sont pas isolés », insiste pourtant QuotaClimat dans un communiqué. Sur les 665 cas de mésinformation climatique recensés par l’Observatoire des médias sur l’écologie en 2025, 174 concernaient CNews. En novembre 2025, quelques jours avant la sortie de Michel Onfray, le Conseil d’État confirmait la condamnation de juillet 2024 de la chaîne de Vincent Bolloré à une amende de 20 000 euros (une première) pour une séquence similaire datant d’août 2023. Le 27 juin, rebelote, alors que la France vient de traverser deux épisodes caniculaires exceptionnels, Michel Onfray rassure : « Depuis l’an mille […] il y a des cycles de refroidissement, de réchauffement […] À l’époque il n’y avait ni mobylette, ni avion, ni train, il y avait une démographie minimale et il y avait des périodes de réchauffement de la planète. » Pour QuotaClimat, ces séquences sont « révélatrices de la responsabilité éditoriale de la chaîne ». Plus de la moitié des fausses informations climatiques relevées sur son antenne ne sont pas le fait d’invités, mais de chroniqueurs réguliers ou de présentateurs. Plus largement, l’association appelle à une vigilance du régulateur : « À quelques mois de la présidentielle, il s’agit d’un enjeu démocratique. » À lire aussi : Fake news sur le climat : Europe 1, RMC, CNews et Sud Radio mènent la danse Télévision CNews Arcom Changement climatique Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner