Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Brexit Brexit Brexit Chronique Alain Frachon Chroniqueur au « Monde » Les leçons du vote britannique pour la sortie de l’Union européenne, il y a dix ans, ont été trop vite oubliées, observe Alain Frachon, chroniqueur au « Monde ». Publié aujourd’hui à 13h54 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le dixième anniversaire du Brexit est aussi une affaire française. Il nous concerne au plus haut point. Comme tout événement d’ampleur historique, le vote des Britanniques, le 23 juin 2016, en faveur d’une sortie de leur pays de l’Union européenne (UE), est un marqueur. C’est un moment à l’aune duquel les acteurs politiques sont jugés, leur niveau d’intelligence stratégique apprécié, leurs choix pesés au regard de l’histoire – et leur courage mesuré face aux humeurs de l’opinion. Le devoir de mémoire est ici transfrontalier. Ce que nous, Français, voulions pour nos cousins d’outre-Manche nous définit sur l’échiquier politique hexagonal. Comme nos rêves exposés sur le divan du psychanalyste, nos souhaits pour le Royaume-Uni, en cette fatidique journée de l’été 2016, révélaient notre programme pour la France. Pour les personnalités publiques françaises, être pro ou anti-Brexit ne relevait pas du commentaire sur l’actualité britannique. C’était un engagement, une manière de voter, bref quelque chose de fondamental et qui doit être rappelé chaque 23 juin parce que les anniversaires servent à cela – se souvenir. De quel côté étiez-vous lors du psychodrame du 23 juin 2016 ? Question à laquelle doivent être soumis tous les candidats à l’Elysée au printemps 2027. Même si leur réponse a changé au fil du temps, elle est au cœur de leur « moi » politique. Elle préfigure une façon de gouverner la France. Deux personnalités étaient pro-Brexit : Marine Le Pen, à l’époque présidente du Front national (la matrice du Rassemblement national) et Jean-Luc Mélenchon, aujourd’hui chef de file de La France Insoumise (LFI) – la première au nom de la « souveraineté » du pays, le second parce que le Brexit portait un coup à « l’Europe libérale ». Dix ans plus tard, plus aucun candidat potentiel au scrutin présidentiel ne prône le « Frexit », version française du Brexit. Pour une raison très simple : comme beaucoup l’avaient prédit, la sortie de l’UE s’est révélée un désastre pour le Royaume-Uni – économique, politique et diplomatique. Aujourd’hui majoritairement opposés au Brexit, les Britanniques évoquent une date maudite et parlent du « Bregret ». Il vous reste 62.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« De quel côté étiez-vous lors du Brexit en 2016 ? Tous les candidats à l’élection présidentielle française doivent être soumis à cette question »
CHRONIQUE. Les leçons du vote britannique pour la sortie de l’Union européenne, il y a dix ans, ont été trop vite oubliées, observe Alain Frachon, chroniqueur au « Monde ».






