Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Brexit Brexit Brexit Tribune Andrew Knapp Historien Dix ans après la victoire du oui au référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne, l’historien Andrew Knapp revient, dans une tribune au « Monde », sur les effets politiques et économiques aussi destructeurs que durables de ce choix, pour le Royaume-Uni comme pour l’Europe. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Si le Brexit l’a remporté avec 51,89 % des voix au référendum du 23 juin 2016, c’est grâce à une campagne truffée de contrevérités. Parmi celles-ci, les 350 millions de livres sterling [400 millions d’euros] « envoyées » à l’Union européenne (UE) chaque semaine et qui seraient disponibles, en cas de Brexit, pour financer la santé publique ; l’entrée imminente de la Turquie dans l’UE et le flot d’immigrants qui s’ensuivrait ; la future fusion des défenses nationales en une armée européenne ; ou encore les radieuses perspectives d’accords commerciaux, d’abord avec une UE prête à toutes les concessions pour défendre ses exportateurs, ensuite avec des pays tiers, surtout les Etats-Unis. Eminence grise des brexiters, Dominic Cummings identifiera les 350 millions et l’immigration comme les deux arguments ayant fait basculer le résultat. Dix ans après, les « prés ensoleillés » promis par Boris Johnson, chef des brexiters au sein du Parti conservateur, restent une perspective lointaine. Le Brexit a réduit les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’UE de 15 %, malgré une dévaluation de la livre de 13 %. La plupart des accords avec les pays tiers ne font que reproduire ceux entre ces pays et l’UE. Les autres auront peu d’effets : celui avec l’Australie ne vaudra qu’entre 0,06 % et 0,10 % du produit intérieur brut (PIB) britannique. L’impact global pour l’économie ? Un PIB par habitant britannique inférieur, en 2025, d’environ 6 % à 8 % à ce qu’il aurait été sans le Brexit, l’investissement de 12 % à 18 %, et l’emploi comme la productivité de 3 % à 4 %. Cela représente, pour le budget de l’Etat, un manque à gagner compris entre 65 milliards et 90 milliards de livres par an. En définitive, les prévisions de 2016 des économistes proeuropéens (l’écrasante majorité) d’une perte de 4 % de PIB se sont révélées… bien optimistes. Les effets politiques du Brexit sont tout aussi destructeurs. Le flou entretenu par les brexiters concernant le régime qui suivrait la sortie de l’UE a été pour beaucoup dans le chaos de l’après-23 juin, et notamment la succession rapide de six premiers ministres en moins d’une décennie. Parmi ceux-ci, deux cas exceptionnels : Boris Johnson, acculé à la démission en septembre 2022 après que les députés ont constaté qu’il leur avait sciemment menti en pleine séance ; et sa successeure, Liz Truss, restée seulement sept semaines. Il vous reste 64.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Le Brexit a ouvert un boulevard à l’extrême droite au Royaume-Uni et dans le monde »
TRIBUNE. Dix ans après la victoire du oui au référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne, l’historien Andrew Knapp revient, dans une tribune au « Monde », sur les effets politiques et économiques aussi destructeurs que durables de ce choix, pour le Royaume-Uni comme pour l’Europe.













