Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Brexit Brexit Brexit Chronique Philippe Bernard Editorialiste au « Monde » Le mécontentement autour de la gestion de l’immigration, qui a cristallisé le vote en faveur de la sortie de l’Union européenne en 2016, nourrit la montée d’un nationalisme identitaire et profite à Nigel Farage, leader du parti Reform UK, relève, dans sa chronique, Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde ». Publié aujourd’hui à 05h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Que se passe-t-il dans la tête des Britanniques ? Dix ans après ce 23 juin 2016, où, en votant à 51,9 % pour la sortie de l’Union européenne (UE), ils se sont infligé une spectaculaire blessure collective, le mystère n’a pas fini de s’épaissir. Une chose est certaine : ils ont majoritairement changé d’avis. Le « Bregret » (« regret du Brexit ») est aujourd’hui un sentiment dominant, partagé par près de 60 % de l’opinion. Si un nouveau référendum avait lieu aujourd’hui, la sortie de l’UE rassemblerait moins de 40 % des voix. Le choix des Britanniques de « sortir de la servitude », qui faisait « vibrer » d’enthousiasme Marine Le Pen voilà dix ans, a débouché sur un chemin de croix. Croissance économique bridée, crise politique incessante, isolement et perte d’influence dans le monde… Les promesses du « Global Britain », qui faisait miroiter un retour à la grandeur impériale britannique, se sont heurtées à l’impuissance face aux conflits du monde. La prétention à tirer parti de la « libération du joug » des normes européennes a fait long feu, remplacée par son opposé : l’« alignement dynamique » sur les règles de l’UE, seul à même de fluidifier les échanges. Quant au mot d’ordre phare du référendum, « Take back control » (« reprenons le contrôle ») qui visait la fin de la libre entrée des Européens et le contrôle de l’immigration, il s’est traduit par une forte hausse des entrées d’étrangers issus du Commonwealth. Précédent de quelques mois la première élection de Donald Trump, le référendum sur le Brexit apparaît comme la première grande manifestation de la vague populiste qui n’a pas fini de secouer le monde occidental. Nationalisme, xénophobie, manipulation des thèmes de l’immigration et de l’identité, démagogie antiélite, mensonges de campagne, immixtion des réseaux sociaux, alliance entre très riches et très pauvres… Tous les ingrédients du trumpisme et d’autres vagues d’extrême droite étaient déjà présents. Ambiguïté du « Bregret » Il vous reste 66.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.