Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Brexit Brexit Brexit Tribune Aurélien Antoine Professeur de droit public Dans une tribune au « Monde », le professeur de droit public s’interroge, à l’occasion des 10 ans du Brexit, sur les mécanismes à l’œuvre dans la popularité de l’extrême droite britannique, qui s’explique, selon lui, par la puissance numérique et financière des ennemis de la démocratie. Publié aujourd’hui à 10h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Les 10 ans du référendum sur le Brexit donnent l’occasion d’acter son échec. L’ensemble des promesses de ceux qui l’ont promu n’a pas été satisfait : économie en berne, services publics en souffrance, immigration difficilement contrôlable, défiance politique à des niveaux inédits, fractures sociales et territoriales plus profondes que jamais. Le Brexit n’est pas responsable de tout. La pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, les conflits au Moyen-Orient ou la politique erratique des Etats-Unis de Donald Trump ont eu sans doute des impacts cumulés supérieurs aux conséquences du retrait de l’Union européenne (UE). Ce sombre constat révèle un insoutenable paradoxe : celui de la pérennité du succès politique de ceux qui sont à l’origine du Brexit, au premier rang desquels Nigel Farage. Selon les études d’opinion, il est en position de ravir le poste de premier ministre aux élections générales [prévues au plus tard en 2029]. Les scrutins locaux du mois de mai ont confirmé l’essor depuis 2024 de son parti, Reform UK. Ce succès continu depuis deux ans tient à un raisonnement réducteur concernant le Brexit. Les conservateurs, puis les travaillistes au pouvoir l’auraient « volé » en ne rompant pas véritablement avec l’UE. Des premiers rapprochements assumés par Rishi Sunak, le dernier chef de gouvernement conservateur, au « réalignement dynamique » du Royaume-Uni sur l’UE lancé par Keir Starmer [qui a démissionné lundi 22 juin], tout prouverait que l’élite de Westminster n’aurait jamais vraiment voulu prendre le large. Affaiblissement démocratique Les arguments de Nigel Farage souffrent la contradiction. Sur le terrain économique, les premiers temps du Brexit ont bien été marqués par la volonté du premier ministre Boris Johnson [2019-2022] de conclure des accords commerciaux avec des pays non européens dans le cadre de son projet de « Global Britain ». Or, s’il y a bien eu des traités de libre-échange signés notamment avec le Japon, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, leur impact est évalué, pour chacun d’eux, à moins de 0,02 % et au mieux 0,07 % de croissance du produit intérieur brut, selon le gouvernement lui-même. Il vous reste 67.65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.