Le constat ne peut qu’inquiéter ceux qui militent inlassablement pour l’abolition de la peine de mort dans le monde. Jamais le nombre de pays l’ayant supprimée n’a été aussi élevé, mais jamais depuis 1981 les exécutions n’ont été aussi nombreuses. Alors que le 9e congrès pour l’abolition de la peine capitale vient de se tenir à Paris, le baromètre de l’organisation non gouvernementale Ensemble contre la peine de mort (ECPM) met en évidence la bascule qui s’est opérée au cours des quatre dernières décennies, et depuis l’abolition votée en France, en 1981, à la suite de la bataille admirable conduite par Robert Badinter.
A cette époque, les deux tiers des pays représentés aux Nations unies recouraient alors à ce châtiment. Une nette majorité (114) l’a désormais rejetée, à laquelle il faut ajouter la dizaine de ceux qui la réservent à des crimes jugés exceptionnels et la trentaine de pays où un moratoire sur les exécutions est en vigueur depuis au moins dix ans.
En décembre 2024, un nombre record de 130 pays a d’ailleurs adopté la 10e résolution de l’Assemblée générale des Nations unies visant à instaurer un moratoire sur l’application de la peine de mort. Seuls 32 pays s’y sont opposés. Les signaux adressés par le continent africain à ce titre sont encourageants, comme le prouvent les récentes abolitions décidées au Ghana, en Guinée équatoriale, en République centrafricaine, en Zambie et au Zimbabwe, qui a rejoint le camp des abolitionnistes en 2024.











