Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Iran Iran Iran Tribune Chahla Chafiq Ecrivaine et sociologue L’écrivaine et sociologue Chahla Chafiq s’interroge, dans une tribune au « Monde », sur les conséquences que le conflit mené par les Etats-Unis et Israël contre Téhéran aura sur les Iraniens, et appelle à prendre la mesure de la « guerre » que le régime mène contre le peuple. Publié aujourd’hui à 10h30, modifié à 12h49 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés La guerre opposant les Etats-Unis et Israël à la République islamique d’Iran, d’abord en juin 2025, puis à partir du 28 février 2026, a abouti, le 17 juin, à un protocole d’accord pour mettre fin aux hostilités. Au fil des mois, le peuple iranien en lutte a disparu des discours de Donald Trump. En janvier, le président des Etats-Unis lui promettait un soutien sans faille et menaçait Téhéran d’une riposte implacable en cas d’exécution de manifestants. Depuis, alors que les pendaisons sont devenues monnaie courante, M. Trump négocie, répétant à l’envi que la guerre aurait changé le régime. Il se vante d’avoir forcé celui-ci à traiter avec lui, qui a fait éliminer le Guide suprême, Ali Khamenei. La République islamique se targue, elle aussi, de l’avoir emporté et d’avoir conclu un arrangement avantageux. Les pays européens, quant à eux, saluent ce préaccord. Seuls Mai Sato, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, et des experts de l’ONU rappellent que « des millions d’Iraniens sont descendus dans la rue pour exiger un changement fondamental [et que] leur voix doit être entendue dans toute négociation qui prétend assurer leur avenir ». Aujourd’hui, tandis que la poursuite des tensions fait douter de la faisabilité de ce plan de paix, les Iraniens se trouvent dans une situation fort complexe, qu’on ne peut décrypter sans accepter de regarder la guerre que la République islamique mène contre eux. Pour cela, il suffirait de prêter l’oreille. Depuis des années, le peuple hausse la voix contre l’étouffante censure, directe et indirecte, édictée par les lobbys intellectuels du régime ou des acteurs politiques obnubilés par leur antiaméricanisme et leur aversion pour Israël. Désir de liberté et d’égalité Le slogan « Ni Gaza ni Liban, je donne ma vie pour l’Iran », qui surgit en 2009, au cours des protestations du « mouvement vert », exprime le rejet populaire des ambitions du régime, à savoir l’expansion de son pouvoir idéologique et le développement d’un « axe de résistance » en vue d’anéantir Israël. Des objectifs qui expliquent d’ailleurs l’acharnement du pouvoir sur la question du nucléaire. « La ligne de résistance part de Téhéran, passe par Bagdad, Damas et Beyrouth, pour arriver en Palestine », avait déclaré Ali Akbar Velayati, ancien ministre des affaires étrangères [1981-1997] et très proche conseiller d’Ali Khamenei, lors d’une visite en Syrie, en 2017. Il vous reste 63.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Face à la violence de la République islamique d’Iran, la société civile a développé une résistance profonde »
TRIBUNE. L’écrivaine et sociologue Chahla Chafiq s’interroge, dans une tribune au « Monde », sur les conséquences que le conflit mené par les Etats-Unis et Israël contre Téhéran aura sur les Iraniens, et appelle à prendre la mesure de la « guerre » que le régime mène contre le peuple.






