Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Intimités Intimités Intimités Corps et âme Corps et âme Corps et âme Torse épilé, rendez-vous chez le barbier… Si les hommes n’ont jamais autant travaillé leur pilosité, ces rituels en apparence anodins témoignent d’enjeux plus profonds de séduction, d’identité et de masculinité. Car aujourd’hui, il ne suffit plus d’avoir des poils, encore faut-il avoir les bons. Article réservé aux abonnés Huile, peigne, cire, tondeuse de précision, rendez-vous d’entretien mensuel : la routine barbe de Thomas est parfaitement réglée, et ce consultant de 35 ans reconnaît d’ailleurs sans difficulté y consacrer davantage de temps que sa compagne à ses cheveux. « Mon père portait une barbe parce qu’il ne se rasait pas. La mienne me demande du travail », confie-t-il en expliquant consulter régulièrement des sites spécialisés, comparer les produits et ajuster la longueur de ses contours selon les saisons : « Je ne cherche pas à paraître plus viril, mais à avoir l’air soigné », explique-t-il. Thomas n’a rien d’un cas isolé. Depuis une quinzaine d’années, la barbe, la moustache et plus largement la pilosité masculine ont retrouvé une place visible dans l’espace public. Mais cette réhabilitation du poil ne signifie pas pour autant un retour à une pilosité sauvage. La barbe contemporaine est taillée, dessinée et entretenue au millimètre. Pour l’ethnologue et anthropologue Christian Bromberger, cette évolution raconte moins un retour à la nature qu’une nouvelle manière de façonner son apparence : « L’attention portée aux poils a aujourd’hui une autre signification : être dans la norme, dans un corps sportif, bien réglé, où rien ne doit dépasser, analyse-t-il. Nous sommes passés d’une esthétique glabre à une esthétique pileuse. » Autrement dit, les poils sont davantage acceptés qu’hier, mais à condition de respecter certains codes. Il vous reste 75.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Barbe dessinée, moustache travaillée : ce que raconte la réhabilitation du poil chez l’homme
Torse épilé, rendez-vous chez le barbier… Si les hommes n’ont jamais autant travaillé leur pilosité, ces rituels en apparence anodins témoignent d’enjeux plus profonds de séduction, d’identité et de masculinité. Car aujourd’hui, il ne suffit plus d’avoir des poils, encore faut-il avoir les bons.









