Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Egalité femmes-hommes Egalité femmes-hommes Egalité femmes-hommes Pendant neuf mois, le journaliste et réalisateur de films documentaires Pierre Gault a infiltré les principaux réseaux masculinistes de France. Il revient, dans un livre, sur leur organisation, leurs idéologies, leurs objectifs, mais aussi sur les trajectoires de vie qui amènent des jeunes hommes à les rejoindre. Article réservé aux abonnés Livre. En janvier 2023, le journaliste Pierre Gault reçoit sur son téléphone un lien vers une vidéo YouTube, envoyé par l’un de ses amis. Il clique et découvre avec étonnement un jeune homme à la barbe bien taillée, qui se fait appeler Romain Redpill. Celui-ci s’insurge devant la caméra : « Le système entier est pour les femmes, en fait ! Le système judiciaire est pour les femmes, les gouvernements sont pour les femmes, les réseaux sociaux sont pour les femmes… On élève les femmes et on écrase les hommes. » Intrigué, le journaliste parcourt les réseaux sociaux du créateur de contenu et cherche sur la Toile des vidéos similaires. C’est ainsi que débute sa quête : pendant neuf mois, il va infiltrer les principaux réseaux masculinistes de France. De ce travail, il a tiré un documentaire, Mascus, les hommes qui détestent les femmes, diffusé sur France Télévisions en 2024, ainsi qu’un livre, Dans la peau d’un mascu. Enquête sur les hommes qui détestent les femmes (Denoël, 272 pages, 20 euros). C’est dans ces cinquante nuances de misogynie réactionnaire que Pierre Gault va s’enfoncer et parfois se perdre. Il visionne ad nauseam des centaines de vidéos, rejoint des forums privés, suit des formations payantes, prend part à des séances de « drague de rue », à un stage de survie en forêt… le tout, sous une fausse identité – les « chefs de meute », bien que très loquaces sur les réseaux sociaux, refusent généralement de parler à la presse. Il interroge aussi d’anciens « mascus », pour comprendre ce qui, dans leur trajectoire de vie, les a poussés à adhérer à ces communautés – sentiment de rejet, frustration, dépression… Il vous reste 43.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.