Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Intimités Intimités Intimités Sexe Sexe Sexe Sonder les ressorts du masochisme, découvrir un parcours de prostitution, explorer l’histoire d’une maison close : trois expériences qui incitent le spectateur à penser hors des sentiers battus. Article réservé aux abonnés En ce début d’été, plusieurs spectacles portés par des autrices questionnent le rapport des femmes à leur corps, à leur désir, dissèquent les rapports de genre et analysent ce que la sexualité raconte de notre société. Pour public averti mais curieux. « Plaidoirie d’une soumise » : les vertiges du consentement « Qui peut avoir envie de ça ? » Raconter comment la soumission peut être un féminisme, c’est le pari audacieux de cette pièce qui a fait salle comble au off du festival d’Avignon l’an dernier, et s’y joue de nouveau cet été. Sur scène, une avocate, teint pâle, lèvres vermillon et toge à jabot, défend un homme accusé d’actes de torture sur sa compagne, dans le cadre d’une relation BDSM. Sauf que l’avocate, c’est Pénélope, la « soumise », que la société a désignée comme victime à travers ce procès. « Déviant », « monstrueux », « inconcevable »… Pas à pas, Solène Collin prend le contre-pied de ce qui pourrait être un fait divers horrifique, un exemple de violences conjugales, et livre une réflexion vertigineuse sur la liberté des femmes à disposer d’elles-mêmes. Comment assumer ses désirs, même les plus sombres ? Où s’arrête le libre arbitre, la morale, où commence l’emprise ? Alternant les plaidoiries de l’avocate et des scènes crues, souvent dures, du quotidien de Pénélope, la pièce n’élude aucune question. Le « maître » n’est présent qu’en voix off, laissant à l’héroïne la place centrale qu’elle revendique, et invitant chacun à se faire son propre avis sur la culpabilité de l’accusé. Portée par un jeu d’une rare intensité et un texte à la gradation finement dosée, « Plaidoirie d’une soumise » vient rappeler combien il reste difficile pour une femme de choisir des chemins d’émancipation hors de la norme. Il vous reste 63.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.