Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement DORIAN PROST POUR « LE MONDE » L'époque L'époque L'époque Société Société Société Par Anaïs Coignac Publié aujourd’hui à 09h00 Article réservé aux abonnés EnquêteDes petits salons populaires aux grandes enseignes clinquantes, où l’on vient pour une coupe « brocoli », des locks afro ou rafraîchir un contour d’un coup de tondeuse, le monde du « barbering » a ses codes et ses modes éclair, qui doivent beaucoup à une mise en scène permanente sur les réseaux sociaux. « Le contour, c’est obligatoire ! Ça termine la coupe. » Assis devant un miroir, Johan (les personnes citées par un prénom ont requis l’anonymat), 27 ans, reçoit les derniers coups de tondeuse pour les lignes – ou hairline – autour du front et des tempes. Ce responsable de restaurant vient de passer une longue séance de tressage de barrel twists, des nattes plaquées sur le crâne, suivie d’une taille de barbe XXL. « Je viens toutes les deux ou trois semaines », confie ce client, qui aime soigner sa présentation « pour le travail ». Nous sommes un mercredi après-midi à La Cleanik, un « barbershop » (salon de coiffure pour hommes) du 19e arrondissement de Paris qui a acquis une petite renommée grâce à la venue des rappeurs MHD ou OhPlai. Son nom, croisement entre « propre » en anglais et « clinique », n’est pas qu’un jeu de mots : dans ce salon de barbier nouvelle génération, tous les coiffeurs portent un masque. « On soigne les clients, on embellit leur visage, traduit le manageur de 27 ans, le bien nommé Wilson Figaro. Nous, les hommes, n’avons pas beaucoup d’artifices, alors le barber, c’est très important. » Impossible d’imaginer l’ébullition à l’intérieur de ce petit salon situé dans une rue calme : huit sièges, sept barbiers, une tresseuse, huit clients et deux autres qui attendent leur tour dans un canapé en cuir noir à côté d’un écran et de manettes de PlayStation pour se défier à FIFA – chaque mois, le meilleur à ce jeu de foot gagne un mois de coupes gratuites. « C’est tranquille aujourd’hui, lance, sans rire, le gérant. A partir du jeudi, ça commence. Il peut y avoir jusqu’à cinq clients en attente par coiffeur. Et les débuts de mois, l’affluence est très forte. » Il a fait appel à un développeur Web pour créer une application qui permet aux clients de connaître le temps d’attente. Le salon tourne sept jours sur sept de 10 ou 11 heures à 20 heures, sauf le vendredi et le samedi, où la journée se termine à 22 heures. Et tous les samedis soir, un DJ chauffe la salle. Il vous reste 85.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.