Publié le 19/05/2026 23:11
Mis à jour le 19/05/2026 23:11
Temps de lecture : 3min - vidéo : 4min
Cette idée avait fait polémique : le barbecue est-il une affaire d'hommes, un symbole de virilité ? Loin des clichés, des femmes prennent la pincette et vont au charbon.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Ne dites pas à Amalia Fuentes Simon que le barbecue est une affaire d'homme. Pique à la main, ce midi, c'est elle qui prend les commandes du grill, comme chaque week-end, et quelle que soit la météo : "Nous, peu importe le temps, c'est barbecue. Même en hiver, quand il n'y a pas de pluie, évidemment", confirme-t-elle. Il y a trois ans, elle offre un barbecue à son mari pour la fête des pères. Mais finalement, c'est elle qui s'en sert. Car dès qu'on sort des traditionnelles saucisses merguez, elle prend la main. Son mari admet s'occuper "des coupes de légumes, des nettoyages de plats."Sur le gril : côtes de bœuf, brochettes, tout se joue lors de la cuisson. "On peut l'allumer assez facilement donc, non, ce n'est pas que pour les bonshommes, ça c'est sûr", assure Amalia. Aujourd'hui, elle cuisine pour cinq sous le regard d'Alain, son mentor, professeur de barbecues — car oui, cela existe — et Amalia est l'une de ses meilleures élèves. "On a à peu près 10 % de femmes dans nos cours. C'est souvent les femmes qui offrent un cours de barbecue aux hommes. Mais les femmes qui viennent, en tout cas, comme Amalia, s'y prennent au jeu et dépassent, surpassent même les hommes parce qu'en cuisine, elles sont quand même souvent plus fortes que les hommes", confirme Alain Crivelli, chef à domicile spécialisé dans le barbecue.Plus fortes, certes, mais la braise est-elle toujours réservée aux hommes ? Sur les réseaux sociaux, certaines filles maîtrisent le barbecue. Et elles le montrent fièrement. Parmi celles qui ont le plus de succès, Blondie, influenceuse, fait des recettes originales au barbecue. Et elle ne fait pas que des vidéos, elle fait aussi des démonstrations pour les marques. Ici, le public, principalement masculin, est attentif. Mais ça n'a pas toujours été le cas : "Souvent, des commentaires un petit peu misogynes ou alors on se permet de me donner des conseils parce que, je ne sais pas, dans la tête des hommes, mon barbecue est peut-être mal installé ou il faudrait que je fasse ci, ou ça. Et alors que pas du tout, j'ai autant de crédibilité", confie Laure (Blondie), créatrice de contenus.Chaque année, un salon attire 30 000 personnes. Des hommes, encore des hommes : plus de 80 %. Et pour les rares femmes présentes : "C'est plutôt monsieur qui fait, mais bon, moi je suis là aussi, je regarde, je marine la viande", admet l'une d'elles. "C'est vrai que c'est plutôt les hommes qui se chargent du barbecue, au moins c'est le seul moment où les femmes peuvent un petit peu se reposer et en profiter", reconnaît une autre en plaisantant. Un homme tente d'expliquer ce fait : "Parce que les filles, elles n'aiment pas la fumée, ça ne sent pas bon."L'odeur de la fumée, le charbon qui salit les mains : pour certains fabricants, les clichés sont même des arguments de vente. Exemple avec un modèle au gaz à 850 euros, contre 250 pour le bon vieux barbecue au charbon. "C'est vrai que les barbecues au charbon, […] sont plutôt associés à une audience masculine parce que c'est le côté flamme, côté braise. Et là, on a vraiment un fonctionnement comme d'une gazinière à la maison. On va tourner le bouton et le barbecue est allumé. Donc on réduit la complexité et le côté intimidant que ça peut avoir parfois pour une audience féminine", explique Pierre-Yves Gibut, directeur marketing France Weber.Selon un sondage, près d'un homme sur deux affirme mieux s'occuper du barbecue qu'une femme. Difficile donc de mettre au feu les idées reçues.










