Idées et débatsIdées. La passion peut-elle survivre au mariage ? Le philosophe montre à quel point les romans courtois, "La Belle et la bête" ou "Roméo et Juliette" ont encore des choses à nous apprendre sur l'amour.Publié le 17/05/2026 à 16:00bookmarkLuc Ferry
@ Gabrielle Ferry/Éditions de L'Observatoire@ Gabrielle Ferry/Éditions de L'ObservatoireLa révolution de l'amour, c’est-à-dire le passage d'unions arrangées au mariage d'amour, est l'un de ses grands sujets. Dans Ne vous mariez jamais! Vraiment? (Editions de L'Observatoire), le philosophe Luc Ferry montre comment, depuis le roman courtois au XIXe siècle, la question de la survie de la passion dans un couple ne cesse de hanter les grands récits. Formidable vulgarisateur, l'ancien ministre de l'Education nationale en tire des leçons toujours actuelles à l'ère de Tinder et Hinge. Entretien.L'Express : En quoi Tristan et Iseut ou Lancelot et Guenièvre ont-ils encore des choses à nous enseigner sur les liens entre amour-passion et mariage ?Luc Ferry : L’amour-passion a sans nul doute toujours existé. Nous n’avons en effet aucune raison de penser que les humains des premiers temps ne tombaient pas amoureux, qu’ils n’éprouvaient pas des sentiments aussi forts que ceux que nous connaissons d’aujourd’hui. Reste que pendant des siècles et des siècles, la passion amoureuse ne fut guère recommandée au sein de la vie conjugale. Le mariage d’amour était mal vu dans l’Ancien Régime, seules les unions arrangées par les parents, les cours royales ou les villages avaient une légitimité. Dans ces conditions, un amour passionné ne pouvait guère se vivre qu’en dehors du mariage, le plus souvent dans l’adultère, avec un amant ou une maîtresse plutôt qu’avec son mari ou son épouse.








