On ne se rendra pas au Lido ni aux Folies Bergère dans « L’esprit critique » de ce jour consacré au cabaret, mais dans plusieurs lieux qui cherchent à renouveler ce genre séculaire. Que ce soit, parmi d’autres, le Truc, un ancien garage du XXe arrondissement de Paris qui a proposé début mai le « Jardin rouge festival » ; le théâtre de l’Atelier, qui a accueilli récemment La Bouche cabaret pour un spectacle qui part maintenant en tournée dans plusieurs villes de France, ou encore le théâtre du Rond-Point, qui propose en ce moment, sous la houlette de Pierre Maillet, de faire renaître, dans un club fantomatique nommé Reno Sweeney, un « cabaret vertigineux, nostalgique et flamboyant ».Le cabaret connaît en effet aujourd’hui une véritable vogue, qui en démultiplie les espaces et les formes, aussi bien dans des marges que dans des lieux institutionnels qui pourraient paraître décalés, voire contradictoires avec les spectacles qu’ils présentent.En janvier, alors ministre de la culture, Rachida Dati a même annoncé un plan cabaret prévoyant notamment une saison cabaret qui va se dérouler du 16 septembre au 15 novembre dans toute la France, afin de renforcer la visibilité des artistes et la connaissance du cabaret qui, pour citer l’ancienne ministre, « appartient à notre patrimoine et est un art bien vivant ».À la fois ancien et contemporain, le genre du cabaret semble aujourd’hui osciller entre subversion et institutionnalisation, entre rentabilité commerciale et inclusivité politique.La Bouche cabaret, figure de la scène queer, proposait récemment au théâtre de l’Atelier son gala de printemps et revient prochainement dans plusieurs lieux parisiens ainsi qu’à Marseille, Orléans, Lyon ou Grenoble, et même Berlin.Le spectacle de Pierre Maillet, Edith Beale au Reno Sweenay, est, quant à lui, visible au théâtre du Rond-Point jusqu’au 31 mai.On évoquera aussi dans cette émission Madame Arthur, créé en 1946 et devenu une institution de Pigalle. Le cabaret a connu une seconde jeunesse depuis sa réouverture il y a dix ans, sous la houlette de Fabrice Laffon, ancien directeur du Divan du monde. Mais des articles récents de Libération ou l’émission de France Culture « Les pieds sur terre » ont récemment montré l’envers des paillettes, et un papier de Télérama a même révélé des tentations et tentatives de remplacer les artistes de chair et d’os par de l’intelligence artificielle.Avec : Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans la revue Mouvement et Le Quotidien de l’art, et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre » ;Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux ;Vincent Bouquet, dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb.Pour approfondir cette vogue du cabaret, les équipes de « L’esprit critique » vous recommandent notamment, sur France Culture, les épisodes de « LSD » qui lui ont été consacrés, l’épisode Dramathis du 23 novembre 2025 ou encore le récent dossier d’Artcena sur le même sujet. S’il vous prend l’envie d’assister à un enregistrement public de « L’esprit critique », c’est possible samedi 6 juin, à 11 h 30 puis 12 h 30, durant le festival Mediapart, qui se tiendra toute la journée à Aubervilliers.« L’esprit critique » est un podcast enregistré par Corentin Dubois et réalisé, comme chaque semaine, par les équipes de Gong.