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EnquêtePartout en France, dès les premiers bourgeons, les lampions se rallument. Après la crise sanitaire due au Covid-19, les guinguettes, avec leur promesse de convivialité, de fête au grand air, sans chichi et à bon marché, font un retour inattendu.
Lorsque Anne Saintier et Delphine Billy ont inauguré leur guinguette de campagne, en 2013, à Savonnières (Indre-et-Loire), la première jouait de l’accordéon le soir, faute de parvenir à recruter des artistes. Et la seconde chantait : « On me demandait une crêpe au chocolat, je disais : “Attendez, je finis la chanson !” » Treize années ont passé, A la Soupette de mémère accueille d’avril à septembre une trentaine de concerts de plein air, avec vue sur le Cher. « On a écrit à Mick Jagger, qui habite dans le coin, poursuit Delphine. Il n’a pas encore répondu… »
Au-delà d’un goût commun pour les tee-shirts noirs et les lunettes rondes, les deux quinquagénaires partagent un solide sens de l’humour, la satisfaction de réunir 200 personnes à chaque soirée musicale, dans une commune rurale de 3 400 âmes, et celle de tendre une oreille à qui souffre de la solitude. « On ne se refait pas », glisse Anne Saintier, qui fut enseignante auprès des enfants du voyage, tandis que Delphine Billy se démenait dans l’éducation spécialisée.







