Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Biographies Biographies Biographies L’universitaire Stéphanie Genand livre un regard neuf sur une femme complexe à l’existence compliquée, romancière et intellectuelle de premier plan. Article réservé aux abonnés « Germaine de Staël. Le prix de la liberté », de Stéphanie Genand, Perrin, 358 p., 23,50 €, numérique 18 €. « Il existe un héroïsme au féminin », écrit Stéphanie Genand dans sa magnifique biographie de Germaine de Staël (1766-1817), dont l’existence si romanesque a longtemps fait oublier le double statut de romancière et de penseuse politique. On connaissait la fille de Jacques Necker (1732-1804), banquier genevois ministre des finances de Louis XVI au début de la Révolution. On savait aussi qu’elle fut l’alter ego de Benjamin Constant (1767-1830), essayiste et homme politique avec lequel amour, philosophie, engagement public se mêlaient. On se souvient surtout de la grande opposante de Napoléon, contrainte à « dix années d’exil », titre des souvenirs qu’elle en livra à la fin de sa vie. Mais il existe une autre de Staël, si belle à découvrir : une femme complexe, ne reculant devant aucun danger lorsque ses idées étaient en jeu, et dont la grande passion fut de réfléchir aux origines et aux conséquences sociales, morales et culturelles de la Révolution. Il est vrai qu’à sa naissance les étoiles s’alignèrent. Unique enfant de Jacques Necker et Suzanne Curchod, la petite Louise, l’un de ses prénoms, reçoit une éducation intellectuelle réservée aux garçons, et que l’aiguillon maternel rend bien plus exigeante encore. A 22 ans, la jeune femme rédige des Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau (1788), dont toute l’œuvre se voit examinée : anthropologie, théorie politique ou encore pédagogie, précisément le livre V de l’Emile (1762), où Rousseau fixe à l’éducation des filles les limites convenant aux fonctions de leur sexe – surtout pas de savoirs qui feraient d’elles des femmes savantes, autrement dit des pédantes ! Or, ces passions qui, selon Rousseau, fragilisent les femmes sont celles, dit Germaine de Staël, qui leur confèrent une acuité critique si particulière. Il vous reste 60.15% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Superbe « Germaine de Staël. Le prix de la liberté », biographie d’une penseuse sur le vif de la Révolution et de ses conséquences
L’universitaire Stéphanie Genand livre un regard neuf sur une femme complexe à l’existence compliquée, romancière et intellectuelle de premier plan.







