Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M le mag M le mag On ne l'avait pas vu venir On ne l'avait pas vu venir On ne l'avait pas vu venir Chronique Guillemette Faure Dans sa chronique, Guillemette Faure met en lumière les transformations invisibles de notre époque. Cette semaine, le « clim surfing », qui voit les citadins migrer massivement d’un lieu public réfrigéré à un autre. Publié aujourd’hui à 05h30, modifié à 09h06 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés La vie de bureau, ce n’est pas seulement des fauteuils à roulettes, des plantes vertes et un placard à fournitures précieux les veilles de rentrées des classes. Depuis plusieurs jours, on s’est aussi souvenu que le bureau, c’est du chauffage gratuit en hiver et, parfois, de la climatisation en été. Pour beaucoup, cette dernière a même offert, en ce mois de juin, l’un des arguments les plus convaincants contre le télétravail. En dehors des open spaces, voilà que toutes sortes de lieux où l’on ne va pas forcément de gaieté de cœur deviennent soudain irrésistibles. C’est arrivé près de chez nous Ce sont des emprunteurs de clim, des gens qui ne l’ont pas chez eux, par conviction, par économie ou par un mélange des deux, mais qui estiment judicieux d’amortir collectivement celui qui tourne ailleurs. A la bibliothèque municipale Benoîte Groult, près de la gare Montparnasse, à Paris, toutes les tables sont occupées dès l’ouverture par les enfants de l’école voisine qui s’y réfugient chaque matin. Chez Monoprix, rafraîchi à bonne température, une pancarte précise que les fauteuils en vente ne sont pas destinés à l’accueil des clients – y passer la journée pourrait être tentant. On n’a jamais fait ses courses aussi lentement chez Picard. C’est le grand retour de hype des centres commerciaux : plus une place de libre sur les banquettes visiteurs de Beaugrenelle, dans l’Ouest parisien. Dans un autre, c’est au nombre de chargeurs de smartphones et d’ordinateur sortis qu’on comprend que les chasseurs de clim n’ont pas l’intention de quitter les lieux avant leur fermeture. Sans compter toutes ces chaînes de coffee shops où on allait autrefois pour le Wi-Fi gratuit et où on retourne aujourd’hui pour l’air à 26 degrés, gratuit. Il vous reste 57.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.