Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cultures Web Cultures Web Cultures Web S’il n’est pas nouveau, le principe du clip est devenu en quelques années le mode d’expression dominant sur Internet, bien au-delà du champ publicitaire. La question des effets culturels et cognitifs de ce formatage fait débat. Article réservé aux abonnés Un mot dans l’air. Quelques secondes, pas plus. Sur les réseaux sociaux, le clip – de l’anglais to clip, « tailler », désignant par extension un court format vidéo – régnerait désormais en maître sur le champ médiatique. La « clipification » des médias serait-elle en marche ? Qu’il s’agisse de Facebook et Instagram avec les « reels », de Snapchat avec les « stories », ou de YouTube avec les « shorts », il n’est plus une plateforme de contenus qui n’offre désormais un onglet au « format TikTok », c’est-à-dire un flux de courtes vidéos verticales à faire défiler d’un mouvement du pouce. Cette « tiktokisation » des réseaux sociaux, si elle est un indice de l’indéniable attractivité de l’application du géant chinois ByteDance, est aussi le signe de la popularité des courts formats vidéo, qui ont pris le Web d’assaut. Non seulement le fait de filmer, smartphone à la main, de courts instants de son quotidien est devenu le mode d’expression dominant sur les réseaux ; non seulement la diffusion d’extraits de films, séries, émissions, vidéos YouTube (une pratique aussi appelée « clipping ») y est devenue un véritable sport ; mais les équipes de communication des stars ou des responsables politiques n’hésitent pas à penser les apparitions des unes et les prises de parole des autres en fonction de leur potentielle « clipification ». De quoi inquiéter ? S’il semble d’une grande nouveauté, le principe du format vidéo court, notamment associé à une musique populaire préexistante, est en réalité ancien, remarque Julien Péquignot, enseignant-chercheur à l’université Paul-Valéry de Montpellier. Et, des phonoscènes (des courts-métrages musicaux produits par Gaumont au tournant du XIXe et du XXe siècle) aux soundies (des minifilms musicaux en noir et blanc joués sur certains jukebox dans les années 1940), en passant par les clips musicaux popularisés par la chaîne de télévision américaine MTV (inaugurée en 1981), ceux-ci ont toujours connu un grand succès. Il vous reste 64.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
La « clipification », ou comment les courts formats vidéo recomposent l’espace médiatique
S’il n’est pas nouveau, le principe du clip est devenu en quelques années le mode d’expression dominant sur Internet, bien au-delà du champ publicitaire. La question des effets culturels et cognitifs de ce formatage fait débat.







