Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement L'époque L'époque L'époque Sur le feed Sur le feed Sur le feed La plateforme de streaming offre, sous les vidéos, un espace où la singularité d’une plume, l’affect d’un mélomane, la sensibilité d’un nostalgique peuvent s’exprimer sans faux-semblant. Une pratique à rebours des autres réseaux sociaux, et un visage « doux » du Web. Article réservé aux abonnés « Vous ne trouvez pas qu’écouter des chansons sur YouTube, avec tout le monde et tous les commentaires, est bien plus émouvant et bouleversant que de les écouter seul sur Spotify ? », questionne un internaute anonyme sous un vieux clip. Pour de nombreux utilisateurs, c’est dans la section commentaires de la plateforme YouTube que subsiste l’un des derniers endroits du Net où l’on publie encore pour le plaisir du partage, sans mise en scène, et sans réellement attendre de réponse. Un peu comme on jetterait une bouteille à la mer ou comme on consignerait ses pensées dans un journal intime ou un carnet de bord. Sur YouTube, 66 % des jeunes passent plus de temps à regarder des vidéos qui expliquent ou commentent une œuvre qu’à admirer l’œuvre elle-même, rapporte un récent rapport du média. Cela est en partie dû au design de la plateforme, qui place les commentaires à hauteur de regard, au même titre que la vidéo. « La posture est similaire à celle de plateformes comme Twitch, où la participation des internautes est tout aussi importante que le stream. La section commentaires a développé ses propres références et codes sémantiques qui, parfois, avant même la musique, deviennent la porte d’entrée vers un artiste », observe Laurent François, auteur de l’essai Cracker l’algorithme (L’Aube, 2025). Il vous reste 82.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.