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EnquêteNée dans les franges du Web, la pratique consistant à découper des contenus en petites vidéos pour inonder les réseaux sociaux est devenue une industrie très lucrative. Labels de musique, studios de cinéma et personnalités politiques s’intéressent de près à ce moyen discret et peu coûteux d’exister en ligne.
Mi-juin, un influenceur américain débarque à Paris et défraie la chronique. Son nom ? Braden Eric Peters, dit « Clavicular », figure masculiniste et chantre du « looksmaxxing », pratique consistant à tenter d’accroître son statut social en optimisant son apparence. En direct sur la plateforme Kick, le streameur arpente les rues parisiennes, drague par dizaines les jeunes femmes croisant son passage et essuie un nombre de râteaux équivalent. Mais si les médias français découvrent alors le personnage, son visage est déjà inévitable sur les réseaux sociaux : ces derniers mois, impossible de naviguer sur TikTok ou Instagram sans croiser l’une des dizaines de milliers de vidéos le mettant en scène.
L’omniprésence de ce jeune homme de 20 ans, encore inconnu il y a un an, a pourtant de quoi étonner. Car s’il est une figure masculiniste controversée, ce n’est pas une star : seulement 2 millions d’abonnés cumulés sur Instagram, TikTok et Kick – un nombre certes important mais très loin des influenceurs les plus populaires. Clavicular est-il une anomalie ? Son histoire est plutôt celle d’une ascension fulgurante sciemment opérée par un business bourgeonnant : l’industrie du « clipping ».






