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EnquêtePratique culturelle plus répandue que la lecture ou le jeu vidéo, l’écoute musicale fait moins souvent l’objet de débats. Or la manière d’écouter a évolué au gré des techniques, passant peu à peu d’une pratique collective à un usage individuel, similaire à une forme d’autoconditionnement.
Au saut du lit, en travaillant, au cœur de la nuit, en faisant le ménage, sur un tapis de sport, sous la douche, en voiture, dans le métro, sur un smartphone ou un poste radio, avec des écouteurs ou un haut-parleur, partout et à n’importe quelle heure, le même geste : appuyer sur « play ». En chefs d’orchestre virtuoses, et presque sans y penser, nous avons désormais la possibilité de moduler la bande-son de nos vies comme on assaisonne un plat pour en rehausser la saveur ou en cacher l’amertume.
Cette invitation constante de la musique dans le quotidien est perceptible dans les enquêtes statistiques du ministère de la culture consacrées aux pratiques culturelles des Français. En 2018, 81 % d’entre eux déclaraient avoir écouté de la musique (hors radio) au cours de l’année ; ils étaient même 96 % chez les 15-24 ans. Il faut dire qu’elle est désormais à portée de clic, et que la moitié d’entre eux le font sur un support numérique. Résultat, si seulement 9 % des Français écoutaient de la musique tous les jours en 1973, ils sont aujourd’hui 57 %. Une débauche de sons qui fait de l’écoute musicale une pratique culturelle plus répandue que la lecture ou le jeu vidéo, et, pourtant, largement moins discutée.









