L’École de cirque de Québec est bien visible sur la ligne d’horizon du quartier Limoilou, avec son clocher couronné d’une armature métallique jaune. La capitale nationale est-elle pour autant devenue une ville de cirque trente ans après la fondation de cette institution ?« Tout à fait », répond le directeur général de Machine de cirque, Vincent Dubé. « L’école attire des talents d’un peu partout sur la planète et nous avons deux compagnies qui tournent régulièrement à l’international. »L’écosystème circassien de la capitale dispose également d’un diffuseur de premier ordre avec Le Diamant de Robert Lepage. « Mine de rien, c’est l’un des théâtres qui programme le plus de cirque au Québec. »Les lieux de création font toutefois défaut à Québec. « On a besoin de beaucoup de mètres cubes en hauteur et les infrastructures sont coûteuses avec nos budgets de production », souligne Vincent Dubé. « C’est justement ce qu’on est en train de construire ! »Dubé fait référence au Centre Manivelle, un organisme sans but lucratif établi dans l’église Saint-Charles-de-Limoilou où Machine de cirque a ses locaux depuis 2020. Cet espace polyvalent est situé à 700 mètres seulement de l’École de cirque de la 2e Avenue. « On essaie de trouver des façons de collaborer. Par exemple, si l’école a besoin de plateaux à certains moments critiques et vice versa, ou pour des échanges de matériel. Avec Le Diamant, ça fait un beau triangle. »Le Centre Manivelle est une initiative de Machine de cirque, qui porte le projet « à bout de bras », comme le souligne Vincent Dubé. « Il n’y a pas de financement structurant et ça coûte cher. On se finance projet par projet. »