La jeune Italienne Martina Salza a quitté Naples pour étudier à l’École nationale de cirque de Montréal (ENC) et elle le dit franchement : grazie mille ! Pour elle, il s’agit de « la meilleure école du monde », un point c’est tout. Elle a été interviewée fin mai, après une répétition générale du spectacle de fin d’année, une adaptation de Macbeth. Elle vient donc d’obtenir son diplôme après trois années de formation, et sa vie professionnelle commence.Martina Salza a découvert les arts circassiens à huit ans environ par le truchement d’un DVD du spectacle Alegría du Cirque du Soleil que possédait sa mère et qu’elle regardait en boucle. « Après, je suis devenue folle et je bougeais partout dans la maison, alors ma mère m’a inscrite en gymnastique artistique », explique-t-elle. Elle y est restée deux années. Plus tard, elle a commencé des études en biologie et recommencé son entraînement circassien à Turin pour finalement venir passer les auditions d’inscription à l’école montréalaise au début de la vingtaine.
La présélection des élèves s’est faite pour la première fois sur vidéo cette année, un avantage pour les étrangers venus parfois d’aussi loin que la Nouvelle-Zélande. L’ENC a reçu environ 180 dossiers en 2026 pour son programme d’études collégiales (menant au DEC), qui réserve environ 22 places. Habituellement tous les heureux admis finissent la formation. L’ENC a aussi des programmes préparatoires et une formation du niveau secondaire qui compte des dizaines d’inscrits.L’École de cirque de Québec (ECQ) reçoit entre 80 et 90 élèves dans ses propres programmes secondaire, préparatoire et collégial (associé au cégep de Limoilou) ou son diplôme autonome offert aux étudiants étrangers. Là encore, la sélection s’avère d’une sévérité extrême, avec un écrémage des candidatures à neuf contre un pour la formation finale dans l’ancienne église Saint-Esprit, magnifiquement transformée.« Notre école ne cherche pas à faire entrer les élèves dans un moule, explique Olivier Lépine, professeur de jeu et directeur du secteur de la formation supérieure de l’ECQ. Ou alors notre moule, c’est l’élève, et nous permettons de révéler l’artiste que l’élève peut et veut devenir. »Le Québec se démarque comme terre circassienne. Les deux grandes écoles de formation professionnelle fondées à la fin du XXe siècle complètent la grappe sectorielle qui comprend des petites et moyennes compagnies (comme Éloize ou Les 7 doigts), mais aussi bien sûr la plus grande entreprise du monde (le Cirque du Soleil) en plus de la TOHU, seule salle de spectacle spécialisée des Amériques.L’ONU en surplusRaphaëlle Pelletier, maintenant diplômée de la grande école comme Martina Salza, aura passé plus d’une décennie en formation dans le prestigieux établissement de la Cité des arts du cirque. « C’est ma maison ici, dit-elle en parlant de l’ENC. J’ai aimé toutes les étapes de mon parcours. »Elle a commencé par y suivre des ateliers récréatifs, puis a intégré le Programme préparatoire à la formation supérieure (PFS) impliquant une grosse douzaine d’heures d’entraînement intensif hebdomadaire. Elle y est restée quatre ans, puis a intégré le programme cirque-études secondaires pendant trois autres années avant de terminer le diplôme d’études collégial en cirque avec une spécialité principale en vélo acrobatique et une mineure en portée main à main.







