Tatiana Lerebours vit son rêve de petite fille. Elle est ballerine aux Grands Ballets canadiens. Elle a été recrutée au corps de ballet en 2019, à 19 ans, avant de terminer sa formation à l’École supérieure de ballet du Québec (ESBQ). Une formation virtuose, et pas à la portée financière de toutes les familles — comme toutes les formations de haut niveau, en art ou en sport. Une formation qu’elle a pu suivre seulement grâce à une bourse complète. Comment faire, se demande l’École, pour qu’il y ait plus de Tatiana ? Et pour que ce qu’il en coûte d’apprendre le ballet ne soit jamais une entrave au talent ?« Je vais m’en souvenir toute ma vie : sa mère a certaines fois payé la scolarité avec des rouleaux de 25 cennes », raconte, encore ému, le directeur général de l’ESBQ, Alix Laurent. « Tatiana Lerebours avait du talent. On a pu lui offrir des bourses tout au long de sa formation. »La jeune ballerine le confirme. « Sans ces bourses, je ne serais pas aux Grands Ballets aujourd’hui. C’est merveilleux de donner accès à la danse, au-delà des finances d’une famille. Tant de potentiel et de talents peuvent être gaspillés pour des raisons d’argent. »L’ESBQ rêve d’attirer et de conserver tous les talents prometteurs du Québec. Et de s’ouvrir à la diversité. D’attirer des familles qui ne croient pas qu’une formation en art puisse être pour leurs rejetons, explique M. Laurent.Cette vision, c’était celle de Ludmilla Chiriaeff, rappelle-t-il. La grande pionnière de la danse, fondatrice des Grands Ballets et de l’ESBQ, souhaitait dès les années 1970 que tous ceux qui le voulaient puissent apprendre le ballet gratuitement.Geneviève Émond sourit en y repensant. C’est sur ses épaules de directrice du développement philanthropique que repose aujourd’hui le financement des bourses des étudiants.Elle-même a fait toute sa formation de ballet à l’ESBQ. Neuf ans de danse. « Jamais mes parents n’auraient eu les moyens de nous envoyer, ma sœur et moi, à l’ESBQ aux tarifs d’aujourd’hui. »Les bourses constituent le plus gros programme philanthropique de l’École. Elles permettent à une cinquantaine d’élèves par année de faire leur formation en ballet. Mme Émond arrive à aller chercher à peu près 100 000 $ en dons par an pour remplir cette enveloppe.Avant la création du volet philanthropique, il y a 12 ans, l’école offrait plutôt des rabais à certains étudiants… qui équivalaient dans ses livres comptables à des pertes, rappelle Alix Laurent.
Apprendre le ballet, coûte que coûte
Le programme de philanthropie de l’ESBQ permet d’éponger les coûts souvent astronomiques d’une formation en danse.






