Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans francophones Romans francophones Romans francophones Le primoromancier Foucauld Duchange nous entraîne sur les traces de ce peintre pour faire le récit d’une jeunesse passée dans le nord de la France. Article réservé aux abonnés « La Vierge jaune », de Foucauld Duchange, Gallimard, « Aventures », 160 p., 19 €, numérique 14 €. Le printemps n’est pas forcément la saison des premiers romans, pour lesquels les éditeurs préfèrent souvent les traditionnelles rentrées de septembre ou janvier. Raison de plus pour s’intéresser à un petit livre singulier, qui semble par divers aspects aller contre les habitudes : La Vierge jaune, de Foucauld Duchange, que publie Yannick Haenel dans sa passionnante – et défricheuse – collection « Aventures », chez Gallimard. Il faut dire que le titre est accrocheur, et le nom de l’auteur intrigant, qui pourrait presque faire penser à un pseudonyme… Serait-ce le cas ? L’indécision n’est pas sans charme, qui résume d’une certaine façon les interrogations traditionnellement liées à la découverte du livre d’un inconnu : qui est-il ? Quelle est la part du fictif et de l’imaginaire dans le texte qu’il nous donne ? S’est-il lui-même amusé, en écrivant, à s’inventer une altérité ? Pareilles questions paraîtront peut-être banales, mais elles prennent dans La Vierge jaune un tour particulier. Nous voici en tout cas face à un récit qui s’apparente à une confession : le narrateur, issu d’une famille de notaires du nord de la France, raconte comment, élevé par ses grands-parents après la mort brutale de sa mère à 25 ans, il a passé son enfance au milieu des toiles d’Eugène Leroy (1910-2000). Ce peintre un peu méconnu avait été en effet le professeur de lettres de son grand-père, lequel s’était mis, avec une ferveur compulsive, à collectionner ses toiles pour en décorer tous les murs de sa maison. Leur description dans les premières pages peut laisser croire que l’on aura affaire à un essai monographique déguisé, sur un artiste dont le roman réinventerait en quelque sorte le catalogue raisonné… mais c’est de tout autre chose qu’il s’agit. Le dispositif mis en place par l’auteur contribue en réalité à fictionnaliser le peintre, en faisant de ses tableaux le miroir interrogatif du protagoniste : qui suis-je ?, se demande-t-il, au regard des toiles qui ont accompagné ses débuts dans la vie, au point d’en infléchir peut-être le cours et d’en décider des lignes. Il vous reste 51.42% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.