Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde des livres Le Monde des livres Le Monde des livres Romans francophones Romans francophones Romans francophones Le nouveau roman de l’écrivaine s’enracine une fois de plus dans sa terre d’élection, le pays d’Ouche, en Normandie, que traverse une foule de destins. Article réservé aux abonnés « Les Chemins de Joseph », d’Anne Guglielmetti, Buchet-Chastel, 320 p., 23 €, numérique 17 €. Il ne reste que la gloriette. Mais elle est rouillée et vide. Un squelette métallique qui doucement s’affaisse. Plus rien ne s’accroche à ses tiges. Autrefois s’y enroulait un grand chèvrefeuille. Autrefois, au bout de l’allée bordée de robiniers dont les grappes blanches continuent d’embaumer chaque fin mai, commençait un jardin qu’on aurait cru sans fin. Il n’a pas fallu si longtemps pour que la friche recouvre les plates-bandes et étouffe les rosiers. Une génération, quelques drames. Des histoires de famille aussi. Des abandons et des chagrins. Les Chemins de Joseph, le nouveau roman d’Anne Guglielmetti, s’enracine une fois de plus dans sa terre d’élection, le pays d’Ouche, cette Normandie de l’intérieur, faite de taillis de chênes, de champs et de prairies bocagères, de forêts, de rivières, de vallées en pente douce. De villes discrètes, de villages retirés. Et comme elle l’avait fait dans Le Domaine (Actes Sud, 1999), elle nous parle de paradis fragile, de paradis perdu. Dans sa ferme du Jardi, Mme Kholas est à la peine. Les fleurs qui se succédaient du printemps à l’automne, le potager au cordeau, le verger, c’était du temps de Barthélémy, son grand-père, et si elle pense parfois à cette époque douce, elle n’en dit rien à personne. Elle se tient, elle tient, c’est tout. Elle le fait pour Joseph, son petit-fils de 6 ans qu’elle élève seule. Pour lui elle est « la Mémé ». D’ailleurs, ses cheveux sont blancs bien qu’elle n’ait que la cinquantaine. Comment le gamin saurait-il que Mémé est le diminutif tendre de Mélanie ? Il y a tellement longtemps… Il vous reste 52.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.